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Parmi les plantes des alpes, sur les alpages et parfois aussi en forêt poussent deux plantes à ne pas confondre : la Gentiane jaune (Gentiana lutea) aussi appelée grande gentiane et le Vératre blanc (veratrum album) parfois appelé fausse gentiane ou Hellébore blanc.


La Gentiane jaune est reconnue pour les bienfaits de l'alcool préparé avec sa racine. Alors que le Vératre blanc est toxique et son utilisation comme poison à été documentée. Un morceau de l'ordre d'un ou deux grammes de racine sèche doit être considéré comme potentiellement mortel.


Même si la confusion semble assez improbable quand la plante est en période de végétation, un risque peut exister à partir de l'automne, quand la plante est morte et sèche. Et jusqu'au printemps, avant que les nouvelles feuilles ne poussent.


Mais pourquoi ramasser la plante, alors qu'elle est morte ? Parce que la gentiane jaune cache ses propriétés médicinales dans sa racine. Et que la concentration des vertus est maximale quand la plante a rapatrié sa production estivale d'énergie et de composés aromatiques vers ses racines.

La récolte de racines des différentes gentianes (la Gentiane ponctuée a aussi pu être utilisée) se faisait donc traditionnellement en dehors de la période de végétation.



Gentiane jaune (Gentiana lutea)

Classement : Dicotylédone de la famille des Gentianaceae

Description : jusqu'à 1m50/2m, fleurs de couleurs jaunes, feuilles opposées

Utilisation : en liqueur ou alcool notamment pour ses propriétés apéritives


Gentiane jaune
Dessin de Gentiane jaune Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885

Vératre blanc (veratrum album)

Classement : Monocotylédone de la famille des Mélanthiaceae

Description : jusqu'à 1m, fleurs blanc verdâtre, feuilles alternes

Utilisation : traditionnellement comme poison contre les prédateurs des troupeaux


Vératre blanc
Dessin de Vératre blanc Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885

Quelles sont les différences entre Gentiane jaune et Vératre blanc ?

Rappelons déjà qu'il existe différentes gentianes, mais les espèces sont impossibles à confondre avec la grande gentiane.

Différences gentiane jaune et vératre blanc
Tableau récapitulatif des différences entre gentiane jaune et vératre blanc

Dans les deux cas la racine est un rhizome et les fruits sont des capsules en haut d'une longue tige à étages rappelant vaguement un bambou. Cette tige est appelée "canne" dans le cas de la gentiane.


Gentiane ou vératre ?
Feuilles type Gentiane (opposées) et feuilles type Vératre (alternes)

Les feuilles opposées s'implantent face à face deux par deux, avec un décalage de 90° à chaque étage. Les feuilles alternent s'implantent une à une avec un décale de 120° à chaque étage.


Eviter les confusions entre gentiane comestible et vératre toxique

En réalité, sur le terrain au moment de la récolte potentielle c'est vraiment l'implantation des feuilles qui va faire la différence :

  • Les feuilles sont souvent très abimées ou ont été mangées et les nervures sont difficilement visibles

  • Les fleurs ont laissé la place aux fruits qui se ressemblent un peu entre les deux espèces

  • Se fier à l'odeur de la racine est difficile, l'odeur de l'une des deux plantes peut venir "polluer" l'autre, comme c'est régulièrement le cas dans les confusions Ail des ours / Muguet.


Par contre il est impératif de retrouver la canne afin de pouvoir observer comment les feuilles sont attachées.


Photos de Gentiane jaune en fin de végétation (ci-dessous)



Photos de Vératre blanc en fin de végétation (ci-dessous)



Voici pour la partie différentiation entre les deux plantes.


Parfois on appelle directement "Gentiane" l'alcool ou la liqueur réalisée à partir de la racine de la Gentiane jaune. Les alcools de gentiane, comme d'autres boissons à base de plantes des alpes, ont une réputation de longue date parmi les population montagnardes ainsi qu'auprès des visiteurs qui y sont initiés. Quelques mises au point ci-dessous :


Différence entre Suze et Gentiane

La Suze est un mélange entre une macération de racines de gentiane dans de l'alcool et une distillation de racines. D'autres plantes entre également dans la composition.

La Salers et l'Avèze sont d'autres boissons alcoolisées amères au parfum de gentiane.


La "Gentiane" est généralement une gnôle (distillation) de racine de gentianes. Souvent réalisée de manière amateure avec un alambic, autrefois itinérant.


Différence entre gentiane et génépi

Le "Génépi" est une autre boisson alcoolisée souvent réalisée par macération (mais parfois aussi en suspension) dans de l'alcool. Il y a plusieurs espèces en fonction des régions, toutes poussant originellement en altitude. Elles sont plus ou moins rares et plus ou moins aromatiques et les recettes varient en fonction des goûts de chacun. La plante fait partie de la famille des Armoises.


La Gentiane jaune et ses bienfaits pour la santé

La liqueur et l'alcool de Gentiane jaune sont des toniques amers. Elle est surtout connue pour son utilisation apéritive (stimule l'appétit et la digestion). Mais on lui reconnaît aussi des vertus contre la dépression nerveuse ou pour faire baisser la fièvre.


Si l'on ne souhaite pas boire d'alcool, une décoction dans de l'eau bouillante extrait également ses propriétés médicinales. Elle existe également en gélules.


Source : 300 plantes médicinales de France et d'Ailleurs, Claudine Luu et Annie Fournier, éditions Terre Vivante


Pour apprendre à différencier Gentiane jaune et Vératre blanc sur le terrain, mais aussi plein d'autres plantes comestibles et utiles de montagne, vous pouvez venir sur les sorties à Chamrousse.

 
 
 

Dernière mise à jour : 1 août 2025

En venant faire une rando ou du ski, vous vous êtes probablement déjà demandé :
  • d'où vient le nom de Chamrousse ou de Belledonne ?
  • pourquoi le lac Achard et Roche Béranger s'appellent comme ça ?
  • que signifie Arselle ou Bachat-Bouloud ?

Voici un article qui cherchera à expliquer l'origine des noms de lieux, la toponymie des environs de Chamrousse.


Je m'appuie sur des références bibliographiques, des conversations avec Thierry Grand, ancien président du Centre de Géologie de l'Oisans et certains documents historiques, notamment recueillis par Vincent Julien et exposés par l'Office de tourisme de Chamrousse.


Sommaire



Bibliographie

  • Noms de lieux du Dauphiné, Jean-Claude Bouvier

  • Les noms du paysage alpin, Hubert Bessat et Claudette Germi

  • Les noms du patrimoine alpin, Hubert Bessat et Claudette Germi

  • Guide du relief des Alpes françaises du Nord, Henri Widmer

  • Les noms de lieux de la région du Mont-Blanc, Roland Boyer

  • Lieux-dits entre Dranse et Arve, Gilbert Künzi


Ces ouvrages de toponymie ne couvrent pas tous la région de Chamrousse et ne sont pas toujours pertinents pour donner la bonne explication. Les parlés locaux ont divergés et peuvent mener à des erreurs d'interprétation. On ne retiendra pour les alentours de Chamrousse que les origines les plus anciennes, les plus susceptibles d'avoir menées à une dénomination commune.


Toponymie en ligne

On pourra également jeter un oeil à Topora, un site dédié à la toponymie en Rhône-Alpes créé par l'UCLY.

Ou à ce site qui fonctionne comme un dictionnaire des toponymes alpins.

L'IGN met également à la disposition de ceux qui cherchent à connaître la signification des noms portés sur leurs cartes ce dictionnaire. Malheureusement il regroupe toutes les régions de France et trouver l'explication liée aux Alpes, voire au Dauphiné est compliqué.


Toponymie / Topographie

Carte anciens chemins vers Chamrousse
Carte des itinéraires historiques et des anciennes cabanes du massif de Chamrousse. Version détaillée téléchargeable plus bas.


L'histoire des noms des lieux, lieux-dits, hameaux, sommets, vallées, ... s'appuie autant sur les désignations locales encore en usage que sur les travaux des cartographes successifs qui se sont attelés à mettre sur papier les paysages et la façon qu'avaient les populations locales de les dénommer depuis des époques lointaines.


A plat sur la carte se retrouve une histoire en 3 dimensions qui à travers les appellations retrace les manières d'habiter, de cultiver, de pâturer, d'exploiter, de circuler, ... bref le vécu des montagnards depuis les premières civilisations colonisatrices.


En allant jeter un œil sur les données gratuites de Géoportail on pourra se rendre compte que les cartes anciennes sont riches d'informations sur l'histoire de Chamrousse.



En croisant les infos toponymiques et cartographiques on pourra se faire une idée intéressante des différents usages dévolus aux 3 pôles de la station à travers les époques.


On pourra également s'amuser à retrouver les chemins historiques allant de la vallée à l'Alpage et pourquoi pas, tenter de les retrouver lors d'une randonnée !


Avec une lecture attentive des cartes anciennes on pourra repérer de nombreux chemins historiques. Certains encore en usage, la forme particulière du tracé ou leur emplacement stratégique ne laisse que peu de doute. D'autres ont disparus, suite à la création de nouveaux itinéraires ou par changement des habitudes. On retrouve également de nombreuses constructions aujourd'hui disparues mais sur des sites devenus emblématiques de la station. Les cartes du XIXème siècle préfigurent la future utilisation des espaces par les trois pôles de la station.


Par contre on remarquera que les sentiers anciens dessinent une circulation "verticale" sur la montagne : des villages aux alpages. Et que même s'il devait exister de nombreuses sentes connectant "horizontalement" les cabanes, les cartographes ne les ont pas retenues.

Les itinéraires les plus faciles connectaient les pâturages de Chamrousse au débonnaire versant Ouest, aux villages et hameaux des collines bordières entre Belledonne et le Grésivaudan. Mais quelques passages permettaient aussi l'accès depuis les vertigineux flancs Est, vers la vallée de la Romanche.


On retrouvera une synthèse de ces itinéraires historiques vers Chamrousse sur cette carte en PDF.




Métissages

Le recul significatif et durable des grands glaciers du Würm (1000m de glace au dessus de Grenoble il y a 25000 ans) à donné le top départ à des vagues successives de colonisation. Les plaines issues de l'atterrissement des grands lacs alpins préhistoriques, comme le Grésivaudan sont les premières conquises puis ce sont les piémonts et enfin les alpages qui sont peu à peu fréquentés.


L'étude des toponymes anciens permet d'entre-apercevoir différentes couches linguistiques qui se sont empilées au fur et à mesure que de nouveaux arrivants s'appropriaient l'espace en le nommant pour eux-mêmes. Les plus vieilles civilisations ne laissant des indices que dans de vagues préfixes communs aux sommets ou aux cours d'eau.


Les points caractéristiques des montagnes sont les mêmes partout : sommets, rochers, ravins, espaces ouverts, prés, pentes, couloirs d'avalanches, cours d'eau ou lacs, ... Cette ressemblance accentue les redoublements mais aussi des noms très différents pour des origines communes.


Pour Chamrousse et ses alentours on distingue grâce à notre loupe à remonter le temps le passage :

  • avant -500, des Pré-indo-européens (langue qui subsiste chez les Basques ou les Sames en Laponie)

  • à partir de -500 environ, des Indo-européens : les Celtes (les tribus Gauloises)

  • autour de l'an 0, de la colonisation Romaine avec la progression du Latin

  • aux alentours du IXème siècle, de l'isolement linguistique d'une partie du Dauphiné par rapport au Sud (Occitan) et au Nord (langue d'Oï) de la France en développant le Francoprovençal qui deviendra les différents patois

  • de l'unification progressive du territoire français (la Savoie voisine ne rejoint la France qu'en 1860 !) avec des noms redondants portés sur les cartes

  • de la globalisation récente du langage véhiculés par les nouveaux toponymes commerciaux : Chamrousse Mountain Park, Alpes Ishere, ...


    Carte ancienne Chamrousse 1905
    Carte ancienne de Chamrousse datant de 1905 à destination des "touristes". On notera les itinéraires venant depuis la Romanche.

Explication des noms de lieux aux alentours de Chamrousse

Pour cet essai de toponymie, j'ai retenu la région couverte par la carte IGN affichée plus haut, le Sud du massif : du Luitel au Grand Pic de Belledonne.


Ne soyez pas surpris par des noms qui se doublent ou triplent, chaque population ayant ajouté sa dénomination devant celle de leurs prédécesseurs.

Un exemple classique : le lac Lauvitel. Les premiers arrivant disent dans leur langage le "Vitel" pour désigner le lac qui était à proximité de chez eux, sans lui donner de nom particulier. Une seconde vague de population l'appelle le "laux" (lac) Vitel. Puis les cartographes notent en se référant aux indications des habitants : le lac "Lau(-)vitel".


Je ne détaille pas dans cet article le détail de chaque interprétation, ceux qui veulent aller plus loin pourront feuilleter la bibliographie citée plus haut.


Aiguille : plusieurs lieux portant ce nom. Il vient de l'eau, la source, souvent "aigues" ou "aygue", du latin.


Arselle : cabane servant à faire le fromage (avec un C, on y aurait pu y voir un pâturage ensoleillé, ça colle aussi). Les cartes anciennes montrent au moins 3 cabanes aujourd'hui disparues sur le site. Dont une à la fontaine Badet.


Bachat Bouloud : le "bachat" est un abreuvoir, "Bouloud" le nom d'une personne (probablement provenant d'un endroit avec des bouleaux). la "Vieille Arselle" sur les anciennes cartes.


Balme (grotte de la ...) : baume, porche ou caverne dans la paroi de cargneule. Il y avait une cabane à proximité et l'un des itinéraires pour le Recoin passait par là.


Belledonne : Beaucoup de suppositions de la part des spécialistes. La plante "belladone", "le Belle Donne" (les belles dames en italien, pluriel de bella donna, sachant que j'entends régulièrement des Savoyards appeler le massifs "les" Belledonnes) ou encore une origine ancienne, "la montagne de la vallée cachée/secrète/sacrée" (et effectivement le sud du massif se caractérise par de grands replats intérieurs protégés de la vue depuis les grandes vallées extérieures par des sommets élevés).


Casserousse : la "Casse" est un pierrier, le nom se dédouble avec le "rousse" pour roche.


Chalanches : rappelle l'avalanche, lieu surmonté de couloirs d'avalanches.


Chamrousse : Les interprétations sont multiples. Pour "Cham", on donne haut-plateau dénudé, sommet ou pâturage. Pour "rousse" on donne roches, rocheux, éventuellement rouge. Le "haut plateau pierreux" semble le plus probable, il colle bien au relief de la Croix de Chamrousse.


Clôt des Vernes : Pour les vernes, pas de souci, ce sont les aulnes verts de cette combe froide. Pour le clôt, le T indique un replat, à moins que le cette lettre finale soit arrivée ici par erreur. Un "clos", renverrai à un endroit fermé.


Dent d'Alexandre : pour la dent c'est facile, pour Alexandre, aucune idée !


Descendus (cabane des ...) : serait-ce là qu'attendaient à l'automne une partie de ceux qui étaient montés à l'alpage ?


Echaillon : probablement un passage raide, en échelle. Un itinéraire arrive depuis la petite Vaudaine et emprunte l'étroiture aujourd'hui plus utilisée par ceux qui randonnent en direction de la Pra par le lac David. Une cabane est indiqué près de ce carrefour sur les anciennes cartes.


Echarina : lieu raviné


Escombailles : "Esc" indique le passage raide, une "échelle". C'est assez probable avec l'ancien sentier arrivant depuis Livet, dans la Romanche.


Fare (pic de la ...) : ce pic qui se détache du reste du massif est-il "en-dehors", "fora" de Belledonne ?


Fontaine de l'Ours : replat humide du côté de Fontfroide, assez explicite.


Fontfroide : La source (fontaine) froide.


Frâches (cîme des ...) : pour ravins, éboulements visibles depuis la Romanche.


Freydane : les eaux froides, descendant du glacier.


Gaboureaux : "gab/gav" pour ravins, aujourd'hui plus ou moins disparus avec l'aménagement des pistes.


Habert : cabane pastorale, chalet-fruitier. La chabotte (Il y a le habert des sabottes plus au Nord) n'était qu'un abri sommaire pour le berger.


l'Homme (rochers, trou, brêche de ...) : Rocher se détachant du reste de la falaise comme une "silhouette". On fera le lien ou non avec les Belles Dames.


Infernet (col de l'...) : lieu qui est "à l'envers", qui ne prend pas le soleil. Le nom est probablement monté du petit lac en contrebas à côté duquel on trouve des ruines d'une cabane indiquée sur les cartes anciennes.


Jasse Bralard : les "jasses" sont des bergeries. Le nom est probablement monté vers le sommet. "Bralard" pourrait rappeler un milieu humide, mais c'est douteux.


Lauze : habituellement "pierres plates" mais ici, pas de pierres plates et le toponyme désigne une forêt et récemment le lac de retenue collinaire. Sur les vieilles cartes une rivière est dessinée, alimentant les tourbières des clairières. C'est ce que pourrait désigner ce terme : un ou plusieurs cours d'eau.


Lauzière (la grande ...) : Cette fois ce sont bien des pierres plates. Le sommet est composé de schistes du carbonifère.


Léama (lac ...) : Lé pour lac.


Lessines : anciennement lessive. Pourrait venir de la laîche, une plante des milieux humides. Mais dans ce cas le toponyme serait monté depuis la zone du lac des Escombailles.


Levetel (lac ...) : deux puis trois fois "lac" ou "eau".


Mirebel : la belle vue, le belvédère.


Pourettes : rappelle la "porte" ou le "port" des toponymes méridionaux pour un col ou un passage étroit. Il y a un col de la Portette près de la grande Lance d'Allemond.


Pra : le pré, assez évident avec cette magnifique plaine devant le refuge.


Prémol : un pré "mou", humide.


Robert (lacs ...) : pourrait rappeler les "moutons", comme le Géranium à robert des pâturages.


Ramettes : (et Ramées) lieu ouvert, sans arbres. Mais aussi l'endroit où les moutons étaient parqués sur l'Alpage (ce qui convient bien puisque le habert de la Balme était tout à côté).


Roche Béranger : le pâturage est marqué par de gros affleurements rocheux, et le Père Tasse raconte y avoir croisé des ours. C'est la fréquentation de l'endroit par cet animal que pourrait désigner "Béranger".


Seiglières : lieu où l'on faisait pousser du seigle.


Sorbier (grand ...) : le nom désignait probablement un lieu plus bas, il est ensuite "monté" sur le sommet à proximité.


Vans : nom d'un sommet désignant probablement son aspect rocheux.


Vaudaine : "Vau" signifiant val, vallée.


A compléter et à corriger

Ce petit dictionnaire des noms de lieux du massif de Chamrousse n'a pas la prétention d'être exhaustif ni exempt d'erreurs.


N'étant pas spécialiste, j'ai essayé de synthétiser les différentes informations recueillies et des les interpréter dans le cadre du Sud de Belledonne.


Si vous avez des suggestions de modifications ou des toponymes à éclaircir, n'hésitez pas à laisser un commentaire.





 
 
 

Dernière mise à jour : 7 août 2025

Les rapaces sont difficiles à identifier. Les observations sont en général rapides, l'oiseau est souvent loin ou haut dans le ciel et la perception des couleurs du plumages altérée par l'éclairage.


Qui n'a jamais douté, au moins à ses début, entre un Epervier ou un Autour des palombes, ou même un faucon crécerelle ? Qui est sûr de faire à chaque fois la différence entre une bondrée apivore ou une buse variable ? Comment faire facilement la différence entre Vautour fauve ou Vautour moine ?


J'ai voulu créé une clé de détermination des rapaces diurnes qui se base donc sur la forme de la silhouette et le comportement plutôt que sur les couleurs pour permettre d'identifier les espèces même de loin et sans optique performante pour les observer. Elle est téléchargeable gratuitement en PDF un peu plus bas.


Pour les rapaces nocturnes, cette méthode ne serait pas performante et d'autres critères comme le chant seraient plus pertinents.


Bien sûr, l'idéal étant d'avoir des photos, ce qui permettra de pouvoir comparer ses clichés avec un guide détaillé. Dans de bonne conditions on pourra aussi avoir une idée du sexe et de l'âge de l'oiseau grâce à l'avancée de sa mue.


Et si l'idée d'une sortie sur le terrain vous intéresse, que ce soit pour découvrir les rapaces ou les passereaux de montagne, vous pouvez rejoindre ou organiser une sortie ornitho à Chamrousse ou autour de Grenoble.



Sommaire :


Aigle royal adulte ou juvénile ?
Aigle royal immature, Vercors. Bord de fuite des ailes en S et blanc sur les ailes et la queue. Noter les rémiges en train de muer.

Photographier les rapaces pour les identifier

Pour avoir des clichés exploitables, quelques règles à observer pour avoir un maximum de détails (on parle bien ici d'identification, et non de réaliser des photos esthétiques !) :


  • utiliser un téléobjectif, pour avoir un maximum de piqué

  • photographier a vitesse rapide, pour éviter les flous de bougé

  • surexposer pour compenser la clarté du ciel, surtout sur fond de nuage

  • multiplier si possible les angles de vue : de dessus, de dessous, de profil, de face pour avoir toutes les caractéristiques de la silhouette

  • utiliser la rafale pour doubler les clichés et sélectionner le meilleur, le plus fiable de chaque séquence


On pourra avec facilité rentrer les photos sur une application de reconnaissance des oiseaux en photo comme Merlin bird ID. Merlin, fonctionne aussi pour reconnaître le chant des oiseaux. Le défaut de ce genre d'applications automatiques est que si le cerveau ne travaille pas un peu il mémorise mal ... d'où l'intérêt d'avoir un guide papier à feuilleter !


Circaète ou buse variable ?
Circaète Jean-le-blanc, Chamrousse

Espèces visées par la clé d'identification

Le tableau que j'ai créé visait avant tout à combler mes propres lacunes en terme de capacité à différencier les différentes espèces de rapaces en vol. Je n'ai donc pris en compte que les espèces que je pouvais potentiellement observer sur le territoire que je prospecte régulièrement. C'est à dire Chamrousse en Isère, la région de Grenoble voire le Sud du Vercors. D'autres espèces ont aussi été ajoutées pour illustrer une silhouette particulière.

J'ai également incorporé le grand corbeau qui me paraissait avoir sa place tant par son envergure que pour la curiosité. Et par le risque de confusion qu'il pourrait causer à des débutants.

Le nombre d'espèces a aussi été limité par ma volonté de faire tenir une clé au texte lisible sur une seule feuille A4.


Vautour fauve ou aigle royal ?
Vautour fauve, Belledonne. Ailes en banane et couvertures plus claires que les rémiges.

Liste des espèces décrites (dans l'ordre alphabétique, la clé de détermination les classe par ressemblances physiques) :


  • Aigle de Bonelli et royal

  • Autour des palombes

  • Balbuzard pécheur

  • Bondrée apivore

  • Busard cendré, des roseaux et Saint-Martin

  • Buse variable

  • Circaète Jean-le-blanc

  • Epervier d'Europe

  • Faucon crécerelle, hobereau et pèlerin

  • Grand corbeau

  • Gypaète barbu

  • Milan royal et noir

  • Percnoptère d'Egypte

  • Pygargue à queue blanche

  • Vautour fauve et moine


Balbuzard pêcheur ou pygargue ?
Balbuzard pêcheur, Camargue. Ailes longues et étroites.

Bibliographie sur les rapaces

Cette clé est donc loin d'être exhaustive et pour du suivi de migration sur des passages très fréquentés par des espèces plus variées je recommande d'utiliser des guides papier dédiés (tous chez Delachaux et Niestlé) à ce type de pratiques ornithologiques :

  • Identifier les rapaces en vol, Dick Forsman

  • Rapaces diurnes, Benny Gensbol

  • Le guide ornitho, collectif


Les critères d'identification retenus sont basés sur la lecture attentive de ces ouvrages de référence. Ces livres de référence seront un cadeau apprécié des passionnés d'ornithologie !


Identifier gypaète barbu
Gypaète barbu, Chamrousse. Longue queue en losange.

Critères de la clé de détermination

Différents critères sont donnés pour chaque espèce de rapace, ils permettent de valider ou d'éliminer des suppositions. Certains critères communs entre plusieurs espèces doivent être additionnés à d'autres plus discriminants. Parfois le symbole "/" indique que le critère n'est pas utile pour l'identification et donc n'est pas mentionné.

Ci-dessous quelques détails sur comment ces critères d'identification sont à prendre en compte.


Bondrée apivore ou buse variable ?
Bondrée apivore, Sierra de Guara. Bondrée apivore, attention aux confusions avec la buse variable.

Numéro de page

Renvoie au Guide Ornitho, ouvrage le plus généraliste, qui aura le plus de chance d'être présent dans le sac de l'observateur potentiel.


Milan royal ou milan noir ?
Milan royal, Sierra de Guara. Avec une mauvaise lumière les couleurs sont sombres. Noter l'échancrure de la queue.

Période d'observation

Les rapaces étant par définition des oiseaux cherchant des proies, leur abondance dicte leur présence ou non sur les sites tout au long de l'année. Quand la période d'observation est donnée c'est dans le cadre du territoire français. La donnée est à pondérer en fonction de la région, à de possibles modifications qui pourraient être entraînées suite aux changements climatiques et à des individus qui ne suivraient pas à la lettre les recommandations des ornithologues (!).


Grand corbeau ou rapace ?
Grand corbeau, Chamrousse. Noter la tête proéminente, le gros bec et la queue cunéiforme.

Habitat

L'habitat est plutôt donné à titre indicatif. Trop se baser sur ce critère serait peu fiable et ne permettrait pas de détecter des rapaces en dehors de leurs milieux de vie classiques. Quand les milieux fréquentés sont trop variés la case est seulement rempli avec "/".


Milan noir ou busard des roseaux ?
Miulan noir, Sierra de Guara. Avec lumières du soleil levant.

Envergure

L'envergure des rapaces est difficilement chiffrable à distance. Les dimensions sont données à titre de comparaison entre les espèces. Le dimorphisme sexuel est marqué chez les rapaces, les femelles sont généralement plus grosses. Dans la fourchette indiquée, la limite basse correspond donc à un petit mâle et la limite haute à une grande femelle.


Quel espèce de vautour ?
Percnoptère d'Egypte, Sierra de Guara. Queue cunéiforme, coloration très contrastée.

Confusion

L'espèce de rapace indiquée dans cette case indique que c'est l'espèce la plus fréquemment confondue avec l'espèce cible mais évidemment d'autres espèces peuvent également lui ressembler en fonction des conditions d'observations, des plumages abimés ou juvéniles.


Faucon émérillon ou faucon pélerin ?
Vautour moine, Belledonne. Ailes rectangulaires et couvertures plus sombres que les rémiges sous bonne lumière.

Compléments (critères secondaires)

Ces critères d'identifications sont plus secondaires et je les ai placés après le nom de l'espèce pour qu'ils puissent être contrôlés en groupe après avoir tenté une détermination avec les critères principaux. Ils devraient valider l'identification. Si l'un des critères secondaire ne correspond pas, vérifier aussi la période, et l'habitat. L'identification sera peut-être clairement infirmée, il faudra donc revenir aux critères primaires (ou chercher dans un ouvrage plus complet !).


Busard des roseaux ou milan noir ?
Busard des roseaux, Bretagne. Noter les ailes en V profond.

Détail en +

Critère permettant d'affiner après être passé au crible des deux premières cases. Il est basé sur l'évitement des risques de confusion. C'est pour ça que les descriptions peuvent être assez variées, de la forme, au comportement, en passant par de simples impressions globales.


Reconnaître l'aigle royal
Aigle royal adulte, Chamrousse.

Ailes

Ce critère se base sur un aspect de la silhouette généralement facile à observer. Il est également basé sur les risques de confusion, c'est pour ça que la forme des ailes peut être décrite soit de dessous (longues ou larges) soit de face (en V, planes, en cloche). Ceci en fonction des besoins de discrimination.

A noter qu'en fonction du type de vol la forme des ailes peut changer. Pour ne pas alourdir la clé de détermination il a fallu simplifier et ne retenir qu'une seule position typique.

En "vol à voile", le plané circulaire observé dans les thermiques, les ailes sont généralement plus relevé que lors du plané direct de transition.


Milan royal ou milan noir ?
Milan royal de dessus, Sierra de Guara. Noter les plages alaires claires et la queue coupée droite dans cette position.

Queue

Probablement le critère le plus rapide à évaluer, c'est pour ça qu'il ouvre cette clé de détermination. J'ai retenu quatre formes générale classées par abondance : fourchue, cunéiforme (en losange), longue et en éventail.


Aigle royal ou buse variable ?
Aigle royal immature, Chamrousse. Noter pour comparaison la taille du Grand corbeau.

Silhouettes de rapaces à l'échelle, observer la forme et taille de la queue, le bord de fuite des ailes, la taille de la tête, détailler le nombre de rémiges primaires visibles (doigts)
Silhouettes de rapaces à l'échelle, observer la forme et taille de la queue, le bord de fuite des ailes, la taille de la tête, détailler le nombre de rémiges primaires visibles (doigts)

Fonctionnement de la clé de détermination des rapaces diurnes en vol

Comme toutes les clés de détermination celle-ci fonctionne par question-réponse.

Voyez le critère comme une question.

  • si la réponse est "oui" : avancez d'une colonne vers la droite

  • si la réponse est "non" : descendez d'une ligne

Vous devriez tomber sur l'espèce qui correspond à celle que vous êtes en train d'observer (tout au moins si elle est présente dans la liste).


Faucon crécerelle ou épervier ?
Faucon crécerelle, Bretagne. Longue queue, les ailes paraissent arrondies sous cet angle.

Utilisation de la clé sur le terrain

La meilleure méthode pour utiliser la clé sur le terrain est d'imprimer le document PDF et de la plastifier. Quand un rapace se présente, être à deux simplifie les choses : l'un des observateurs lit la clé et pose des questions au deuxième. En fonction de la réponse donné, il avance petit à petit dans les critères d'identification.


Autour des palombes ou épervier ?
Autour des palombes, Chamrousse. Noter lee motif flou sur les rémiges. (Oui, la photo aussi est floue !)

Défauts dans la clé

N'étant pas spécialiste des rapaces il est fort probable que des erreurs se soient glissées dans cet outil. N'hésitez pas à me les faire remonter en laissant un commentaire pour que je puisse modifier et publier une nouvelle version.


Faucon hobereau ou faucon pélerin ?
Faucon hobereau, Chamrousse. Ailes bien pointues.

Télécharger en PDF la clé de détermination des rapaces diurnes en vol



Clé de détermination des rapaces en vol basé sur la forme de la queue et des ailes.
Clé pour identifier les rapaces en vol
Pygargue ou aigle royal ?
Pygargue à queue blanche juvénile, Norvège


Epervier d'Europe, Belledonne
Epervier d'Europe, Belledonne



 
 
 
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