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Au cours d'une sortie en montagne, d'une promenade en forêt ou d'une balade en bord de mer vous vous êtes déjà probablement demandé quel oiseau chantait si bien, criait si fort, ou produisait ce son étrange.


Ce qui est bien avec les chants d'oiseaux c'est qu'il n'y a pas besoin d'être en pleine nature pour les écouter. Depuis la fenêtre de son appartement à Paris, ou dans son jardin à la campagne, il est rare de ne pas entendre le moindre chant. Pour peu qu'il y est un parc ou un bel arbre, les oiseaux se l'approprient, s'adaptent et parviennent à couvrir les sons de la ville.


Voici quelques conseils pour apprendre à reconnaître les chants des oiseaux, qu'ils soient des campagnes ou des villes.


Rousserolle verderolle en train de chanter
Rousserolle verderolle en train de chanter dans un érable

Sommaire :


Reconnaître les sons des oiseaux : cris et chants

Les oiseaux se manifestent souvent bruyamment mais leurs vocalisent ne se valent pas toutes. On distingue les chants et les cris.


Le chant est souvent plus élaboré, généralement émis par les mâles adultes au printemps (mais il existe de nombreuses exceptions). Il permet de partager des informations plus complexes que ce que l'on pourrait imaginer :

  • l'espèce à laquelle il appartient

  • son âge

  • son statut social

  • son état de santé

Le chanteur permet d'être évalué :

  • par les femelles sur son potentiel à être un reproducteur performant

  • par les mâles sur sa capacité à rester installé sur son territoire


Les cris sont émis par mâles, femelles, jeunes et adultes. Ils sont classés en différentes catégories :

  • cris de contact / cris de vol : pour se tenir informés de leur position et éventuellement de l'intérêt du lieu où ils se trouvent

  • cris d'alarme : si un oiseau a repéré un danger

  • cris de mendicité : émis par les jeunes réclamant que leurs parents les nourrissent


Chocard à bec jaune en train de lancer son cri
Chocard à bec jaune en train de lancer son cri

Quels oiseaux peut-on reconnaître grâce aux chants ?

Quand on pense aux chants d'oiseaux on imagine surtout les passereaux classiques, qu'on appelle souvent oiseaux chanteurs : mésanges, pinsons, rougegorges et autres merles.

Mais connaître chants et cris est aussi très utiles pour d'autres espèces.


Chez les corvidés (d'ailleurs classés parmi les passereaux), on fera par exemple beaucoup plus facilement la différence entre le Chocard à bec jaune et son cousin à la silhouette similaire le Crave à bec rouge en écoutant leurs cris qu'en observant la couleur de leur bec.


Les chants des rapaces nocturnes diffèrent d'une espèce à l'autre et les connaître permet (presque) à coup sûr d'identifier les espèces présentes autour de nous.


Les galliformes comme le Tétras lyre et la Gélinotte, chacun dans un style bien différent l'un de l'autre performent un chant facile à identifier. Les reconnaître permet de prêter attention à l'environnement que l'on traverse, de nous pousser à sortir les jumelles ou la longue-vue et de les repérer avant de les faire fuir.


Dans un autre domaines, les chasseurs connaissent bien les chants des limicoles ou des anatidés (canards) et imitent leurs chants ou utilisent des appeaux pour les mettre en confiance et les attirer.


Mésange boréale chantant dans la neige
Mésange boréale chantant dans la neige

Pourquoi apprendre les chants d'oiseaux ?

Les oiseaux sont par nature généralement prudents et fuyants. L'ornithologue professionnel ou l'amateur d'oiseau doit se baser sur les indices que les oiseaux laissent derrière eux pour évaluer la présence, l'abondance, la répartition saisonnière d'une espèce.


Comme indice permettant de reconnaître une espèce sans la voir directement on peut penser aux nids, aux œufs, aux plumes perdues, éventuellement aux crottes ou fientes.

Mais rien n'est aussi efficace que d'écouter les chants, que ce soit en se déplaçant sur un itinéraire donné ou depuis un point fixe comme un observatoire.


Quelques exemples :


En voyage ou pendant une sortie sur des zones avec beaucoup de végétation, c'est aussi la méthode la plus sûre pour débusquer l'espèce que l'on cherche et essayer de l'observer.


Mais simplement aussi pour se faire plaisir et s'enthousiasmer au printemps de chaque nouvelle arrivée. Rien de plus grisant que de dormir fenêtre ouverte et de se réveiller en entendant un migrateur annoncer son retour.


Une fois que vous aurez commencé à mémoriser quelques chants vous vous prendrez vite au jeu et serez surpris du côté addictif ! C'est l'occasion d'ouvrir son champ de perception et de découvrir une autre dimension du paysage.


Un autre intérêt d'apprendre les chants d'oiseaux et que vous n'aurez pas besoin de matériel couteux. Contrairement à l'observation où une bonne paire de jumelles est indispensable, une longue-vue parfois utile, et un appareil photo avec téléobjectif parfois bien pratique, vous n'aurez pour l'écoute, besoin d'aucun matériel ! Vos oreilles suffiront (parfois éventuellement aidées par un smartphone basique).


Grive musicienne en train de chanter sur un épicéa
Grive musicienne en train de chanter sur un épicéa

Comment apprendre les chants d'oiseaux ?

C'est la partie la plus compliquée ... et la plus passionnante !


Les oiseaux ont développé en fonction des espèces des habitudes différentes et des manières variées d'envoyer des messages sonores :

  • Le tambourinement des Pics ou les vibrations des rectrices de la Bécassine des marais sont des manifestations sonores associées aux chants et remplissant la même fonction

  • Certaines espèces comme le Pinson des arbres répète inlassablement la même phrase alors que la Rousserolle verderolle intègre des nouveaux chants à son répertoire en copiant les espèces rencontrées lors de ses migrations


Commencez par l'identification des espèces présentes autour de chez vous, celles qui sont visibles et que vous pourrez reconnaître facilement même avec un livre basique. L'idéal étant d'avoir une mangeoire bien garnie en hiver ou un petit point d'eau l'été pour attirer les oiseaux à un endroit où vous pourrez les observer facilement. Quand vous aurez identifié entre 5 et 10 espèces, commencez à écouter leur chants grâce à une base de données.


Pas besoin d'avoir des espèces rares ! Savez-vous par exemple faire la différence entre le chant d'un Pigeon ramier et celui de la Tourterelle turque ?


Une fois que vous commencerez à écouter des chants, essayez de compter le nombre de notes, de repérer une tonalité particulière, d'évaluer le rythme ou la vitesse, de noter la régularité ou les variations. Trouvez à quoi le chant vous fait penser : une roue qui grince, une mitraillette, une phrase, ...

Et surtout, comparez entre eux. Vous devriez commencer à prononcer des phrases du genre : "Ah oui, c'est un peu comme celui d'avant mais en plus rapide, en plus râpeux, en plus clair, ...".

L'idéal étant de s'y mettre à plusieurs et de s'organiser des quizz sous forme de blind test chants d'oiseaux.


La période favorable pour commencer est l'hiver. Comme ça, dès l'arrivée du printemps ornithologique, c'est-à-dire dès mi-février environ (c'est très variable en fonction des régions et de la météo) vous pourrez écouter les premiers chants nuptiaux avec une oreille un peu aiguisée.


Les espèces vont se mettre à chanter les unes après les autres, au fur et à mesure de l'installation des mâles sur les territoires qu'ils souhaitent occuper pour la reproduction.


Les meilleures heures sont le matin, de 5h à 10h, en fonction de la saison et de l'endroit. Aux alentours de midi il n'y a très peu d'espèces qui continuent de chanter et il faut attendre le soir pour entendre de nouveau certains oiseaux.


N'hésitez pas à relever votre bonnet, à mettre les mains en cornet pour mieux entendre et à vous tourner pour profiter d'un meilleur angle d'écoute.


Tétras lyre s'apprêtant à chanter "branché"
Tétras lyre s'apprêtant à chanter "branché"

Reconnaître les chants d'oiseaux avec une application

Il existe des applications gratuites pour reconnaître les chants d'oiseaux et ainsi identifier les espèces qui chantent autour de vous.


Avantages :

  • facile et efficace

  • permet de vérifier la présence d'une espèce recherchée dont on ne connaît pas encore le chant

  • entend parfois mieux que nous et découvre des espèces qui n'apparaissent pas dans notre paysage sonore

  • peut enregistrer et identifier les oiseaux même si l'on n'est pas présent

  • fait apparaître un sonogramme, l'image du son. Intéressant pour mémoriser, identifier sans allumer le son ou pour les personnes malentendantes


Inconvénients :

  • ne fait pas travailler le cerveau, on se focalise plus sur le résultat que sur le chant et on oublie vite

  • peut se tromper, même si la technologie ne fera que progresser

  • ne fonctionne que s'il y a du réseau internet


Ces applications sont à utiliser comme une base. Une fois l'espèce déterminée, essayez de la chercher l'individu aux jumelles et de détailler son plumage, son comportement pendant que vous la regardez chanter. Et écouter-la de nouveau depuis une base de données ou une appli.


2 applications :

  • Merlin, développé par le laboratoire d'ornithologie de l'université Cornell

  • BirdNET


Les deux applications fonctionnent un peu différemment. Merlin identifie en temps réel et vous affiche la liste des espèces au fur et à mesure qu'il les scanne. Sur birdNET vous devez sélectionner la partie du sonogramme qui vous intéresse pour la faire analyser.


Essayez-les et trouvez celle qui vous convient le mieux.


Tarier pâtre en train de chanter dans une prairie humide
Tarier pâtre en train de chanter dans une prairie humide

Apprendre les chants d'oiseaux avec une application

Là on commence réellement à essayer d'apprendre et de mémoriser.


Il y a des bases de données énormes recensant les vocalises d'oiseaux du monde entier.

C'est parfait pour s'entraîner à reconnaître des espèces d'oiseaux grâce à leurs chants. Garder à l'esprit qu'il y a chants et cris et qu'il vaut mieux commencer par les chants. Les cris étant beaucoup moins développés et du coup plus compliqués à différencier.


Sachez aussi que les oiseaux ont des "accents" régionaux. En fonction de la zone géographique qu'ils occupent les oiseaux peuvent avoir des chants légèrement différents, choisissez plutôt les enregistrements provenant d'une région proche de celle que vous souhaitez connaître.



Les enregistrements sont décris pour que vous puissiez savoir d'où ils proviennent, le sexe de l'oiseau et le type de manifestation sonores :

  • song : chant

  • subsong : chant d'un oiseau immature

  • tumbling : tambourinement

  • call : cri

  • begging call : cri de mendicité

  • alarm call : cri d'alerte

  • flight call : cri de vol

  • social call : cri de contact


Les chants d'oiseaux sont téléchargeables gratuitement et vous permettent de vous organiser entre vous des blind test et des quizz. C'est probablement ce qui permettra de les mémoriser le plus facilement.


Vous pourrez aussi passer d'un espèce proche à une autre pour comparer et écouter les variations qu'il peut y avoir entre individus d'une même espèce.


Accenteur mouchet chantant sur un pin à crochet
Accenteur mouchet chantant sur un pin à crochet

Faire un stage ou une formation chants d'oiseaux

Apprendre seul n'est pas toujours évident. Rencontrer des personnes plus avancées permet de partager des astuces et des conseils, de se motiver à plusieurs ou de découvrir des lieux propices à l'écoute et à l'observation des oiseaux.


avec une association de protection

La LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) de l'Isère organise de nombreuses sorties gratuites autour de Grenoble à destination du public. Elles ne concernent pas toujours les chants mais permettent de découvrir le monde des oiseaux avec des passionnés bénévoles.


La même association propose également à Grenoble une formation ornitho en 3 ans qui aborde la biologie, l'éthologie et les chants d'oiseaux.


En cherchant un peu vous trouverez d'autres associations locales proposant quelques sorties de découverte des oiseaux en Isère.


Avec Experience Nature

Jetez un oeil aux autres pages du site, je vous propose quelques sorties ornitho aux printemps, spécialement dédiées aux chants d'oiseaux.


Le départ se fait généralement du plateau de l'Arselle à Chamrousse, à environ 45 minutes de Grenoble. Les milieux sont suffisamment variés pour avoir l'occasion d'écouter une bonne variété d'espèces d'oiseaux. Oiseaux de montagne mais pas seulement. On trouve aussi plusieurs espèces que vous entendez régulièrement chanter autour de chez vous.


Les sorties sont réparties de fin-février à fin-juin. Au début de la saison il y a peu d'espèces qui chantent puis au fur et à mesure de l'arrivée des migrateurs le nombre d'espèce augmentent considérablement.


Si vous êtes débutants, commencez par venir sur une sortie en début de saison. Si vous souhaitez entendre des espèces moins communes, privilégiez la fin de saison.


Il n'y a pas de difficultés particulières lors de la balade et assez peu de dénivelée pour que la sortie soit accessible au plus grand nombre. Je prête quelques paires de jumelles et j'emporte une longue-vue à partir d'avril.


Cassenoix moucheté chantant dans le brouillard
Cassenoix moucheté chantant dans le brouillard

Ecouter les oiseaux à Grenoble et aux alentours

Que ce soit pour les passereaux forestiers, les oiseaux d'eau ou les espèces de montagne, il y a de nombreux sites favorables à l'observation et à l'écoute des oiseaux autour de Grenoble et plus globalement en Isère.


Voici quelques sites à visiter :

  • Espaces Naturels Sensibles : Le bois de la Bâtie, le col du Coq, le plateau de l'Arselle et le lac Achard, belvédère Olivier Messiaen, le Marais des Sagnes, les Tourbières de l'Herretang, ...

  • Réserves Naturelles : Hauts-plateaux du Vercors, Haute-Jarrie, Lac du Luitel, ...

  • Le parc du Chateau de Vizille

  • Le site internet Birding Places propose d'autres idées intéressantes pour écouter ou observer les oiseaux


Livres sur les chants d'oiseaux

Pour compléter, voici quelques livres sur les chants d'oiseaux. Ce sera un cadeau de Noël original pour un passionné d'oiseau ou un enfant curieux et l'occasion d'acquérir des connaissances précises pour se perfectionner ou se professionnaliser dans le monde des chants d'oiseaux. L'ordre de la liste des ouvrages n'est pas représentatif d'un quelconque gage de qualité de l'un par rapport à un autre !



Vous trouvez qu'il manque quelque chose à cet article ? N'hésitez pas à commenter pour compléter, je modifierai !


Au plaisir de se croiser, les yeux fermés, les oreilles ouvertes au paysage sonore.


Chevêchette d'Europe chantant au crépuscule
Chevêchette d'Europe chantant au crépuscule

 
 
 

Parmi les plantes des alpes, sur les alpages et parfois aussi en forêt poussent deux plantes à ne pas confondre : la Gentiane jaune (Gentiana lutea) aussi appelée grande gentiane et le Vératre blanc (veratrum album) parfois appelé fausse gentiane ou Hellébore blanc.


La Gentiane jaune est reconnue pour les bienfaits de l'alcool préparé avec sa racine. Alors que le Vératre blanc est toxique et son utilisation comme poison à été documentée. Un morceau de l'ordre d'un ou deux grammes de racine sèche doit être considéré comme potentiellement mortel.


Même si la confusion semble assez improbable quand la plante est en période de végétation, un risque peut exister à partir de l'automne, quand la plante est morte et sèche. Et jusqu'au printemps, avant que les nouvelles feuilles ne poussent.


Mais pourquoi ramasser la plante, alors qu'elle est morte ? Parce que la gentiane jaune cache ses propriétés médicinales dans sa racine. Et que la concentration des vertus est maximale quand la plante a rapatrié sa production estivale d'énergie et de composés aromatiques vers ses racines.

La récolte de racines des différentes gentianes (la Gentiane ponctuée a aussi pu être utilisée) se faisait donc traditionnellement en dehors de la période de végétation.



Gentiane jaune (Gentiana lutea)

Classement : Dicotylédone de la famille des Gentianaceae

Description : jusqu'à 1m50/2m, fleurs de couleurs jaunes, feuilles opposées

Utilisation : en liqueur ou alcool notamment pour ses propriétés apéritives


Gentiane jaune
Dessin de Gentiane jaune Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885

Vératre blanc (veratrum album)

Classement : Monocotylédone de la famille des Mélanthiaceae

Description : jusqu'à 1m, fleurs blanc verdâtre, feuilles alternes

Utilisation : traditionnellement comme poison contre les prédateurs des troupeaux


Vératre blanc
Dessin de Vératre blanc Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885

Quelles sont les différences entre Gentiane jaune et Vératre blanc ?

Rappelons déjà qu'il existe différentes gentianes, mais les espèces sont impossibles à confondre avec la grande gentiane.

Différences gentiane jaune et vératre blanc
Tableau récapitulatif des différences entre gentiane jaune et vératre blanc

Dans les deux cas la racine est un rhizome et les fruits sont des capsules en haut d'une longue tige à étages rappelant vaguement un bambou. Cette tige est appelée "canne" dans le cas de la gentiane.


Gentiane ou vératre ?
Feuilles type Gentiane (opposées) et feuilles type Vératre (alternes)

Les feuilles opposées s'implantent face à face deux par deux, avec un décalage de 90° à chaque étage. Les feuilles alternent s'implantent une à une avec un décale de 120° à chaque étage.


Eviter les confusions entre gentiane comestible et vératre toxique

En réalité, sur le terrain au moment de la récolte potentielle c'est vraiment l'implantation des feuilles qui va faire la différence :

  • Les feuilles sont souvent très abimées ou ont été mangées et les nervures sont difficilement visibles

  • Les fleurs ont laissé la place aux fruits qui se ressemblent un peu entre les deux espèces

  • Se fier à l'odeur de la racine est difficile, l'odeur de l'une des deux plantes peut venir "polluer" l'autre, comme c'est régulièrement le cas dans les confusions Ail des ours / Muguet.


Par contre il est impératif de retrouver la canne afin de pouvoir observer comment les feuilles sont attachées.


Photos de Gentiane jaune en fin de végétation (ci-dessous)



Photos de Vératre blanc en fin de végétation (ci-dessous)



Voici pour la partie différentiation entre les deux plantes.


Parfois on appelle directement "Gentiane" l'alcool ou la liqueur réalisée à partir de la racine de la Gentiane jaune. Les alcools de gentiane, comme d'autres boissons à base de plantes des alpes, ont une réputation de longue date parmi les population montagnardes ainsi qu'auprès des visiteurs qui y sont initiés. Quelques mises au point ci-dessous :


Différence entre Suze et Gentiane

La Suze est un mélange entre une macération de racines de gentiane dans de l'alcool et une distillation de racines. D'autres plantes entre également dans la composition.

La Salers et l'Avèze sont d'autres boissons alcoolisées amères au parfum de gentiane.


La "Gentiane" est généralement une gnôle (distillation) de racine de gentianes. Souvent réalisée de manière amateure avec un alambic, autrefois itinérant.


Différence entre gentiane et génépi

Le "Génépi" est une autre boisson alcoolisée souvent réalisée par macération (mais parfois aussi en suspension) dans de l'alcool. Il y a plusieurs espèces en fonction des régions, toutes poussant originellement en altitude. Elles sont plus ou moins rares et plus ou moins aromatiques et les recettes varient en fonction des goûts de chacun. La plante fait partie de la famille des Armoises.


La Gentiane jaune et ses bienfaits pour la santé

La liqueur et l'alcool de Gentiane jaune sont des toniques amers. Elle est surtout connue pour son utilisation apéritive (stimule l'appétit et la digestion). Mais on lui reconnaît aussi des vertus contre la dépression nerveuse ou pour faire baisser la fièvre.


Si l'on ne souhaite pas boire d'alcool, une décoction dans de l'eau bouillante extrait également ses propriétés médicinales. Elle existe également en gélules.


Source : 300 plantes médicinales de France et d'Ailleurs, Claudine Luu et Annie Fournier, éditions Terre Vivante


Pour apprendre à différencier Gentiane jaune et Vératre blanc sur le terrain, mais aussi plein d'autres plantes comestibles et utiles de montagne, vous pouvez venir sur les sorties à Chamrousse.

 
 
 

Dernière mise à jour : 1 août 2025

En venant faire une rando ou du ski, vous vous êtes probablement déjà demandé :
  • d'où vient le nom de Chamrousse ou de Belledonne ?
  • pourquoi le lac Achard et Roche Béranger s'appellent comme ça ?
  • que signifie Arselle ou Bachat-Bouloud ?

Voici un article qui cherchera à expliquer l'origine des noms de lieux, la toponymie des environs de Chamrousse.


Je m'appuie sur des références bibliographiques, des conversations avec Thierry Grand, ancien président du Centre de Géologie de l'Oisans et certains documents historiques, notamment recueillis par Vincent Julien et exposés par l'Office de tourisme de Chamrousse.


Sommaire



Bibliographie

  • Noms de lieux du Dauphiné, Jean-Claude Bouvier

  • Les noms du paysage alpin, Hubert Bessat et Claudette Germi

  • Les noms du patrimoine alpin, Hubert Bessat et Claudette Germi

  • Guide du relief des Alpes françaises du Nord, Henri Widmer

  • Les noms de lieux de la région du Mont-Blanc, Roland Boyer

  • Lieux-dits entre Dranse et Arve, Gilbert Künzi


Ces ouvrages de toponymie ne couvrent pas tous la région de Chamrousse et ne sont pas toujours pertinents pour donner la bonne explication. Les parlés locaux ont divergés et peuvent mener à des erreurs d'interprétation. On ne retiendra pour les alentours de Chamrousse que les origines les plus anciennes, les plus susceptibles d'avoir menées à une dénomination commune.


Toponymie en ligne

On pourra également jeter un oeil à Topora, un site dédié à la toponymie en Rhône-Alpes créé par l'UCLY.

Ou à ce site qui fonctionne comme un dictionnaire des toponymes alpins.

L'IGN met également à la disposition de ceux qui cherchent à connaître la signification des noms portés sur leurs cartes ce dictionnaire. Malheureusement il regroupe toutes les régions de France et trouver l'explication liée aux Alpes, voire au Dauphiné est compliqué.


Toponymie / Topographie

Carte anciens chemins vers Chamrousse
Carte des itinéraires historiques et des anciennes cabanes du massif de Chamrousse. Version détaillée téléchargeable plus bas.


L'histoire des noms des lieux, lieux-dits, hameaux, sommets, vallées, ... s'appuie autant sur les désignations locales encore en usage que sur les travaux des cartographes successifs qui se sont attelés à mettre sur papier les paysages et la façon qu'avaient les populations locales de les dénommer depuis des époques lointaines.


A plat sur la carte se retrouve une histoire en 3 dimensions qui à travers les appellations retrace les manières d'habiter, de cultiver, de pâturer, d'exploiter, de circuler, ... bref le vécu des montagnards depuis les premières civilisations colonisatrices.


En allant jeter un œil sur les données gratuites de Géoportail on pourra se rendre compte que les cartes anciennes sont riches d'informations sur l'histoire de Chamrousse.



En croisant les infos toponymiques et cartographiques on pourra se faire une idée intéressante des différents usages dévolus aux 3 pôles de la station à travers les époques.


On pourra également s'amuser à retrouver les chemins historiques allant de la vallée à l'Alpage et pourquoi pas, tenter de les retrouver lors d'une randonnée !


Avec une lecture attentive des cartes anciennes on pourra repérer de nombreux chemins historiques. Certains encore en usage, la forme particulière du tracé ou leur emplacement stratégique ne laisse que peu de doute. D'autres ont disparus, suite à la création de nouveaux itinéraires ou par changement des habitudes. On retrouve également de nombreuses constructions aujourd'hui disparues mais sur des sites devenus emblématiques de la station. Les cartes du XIXème siècle préfigurent la future utilisation des espaces par les trois pôles de la station.


Par contre on remarquera que les sentiers anciens dessinent une circulation "verticale" sur la montagne : des villages aux alpages. Et que même s'il devait exister de nombreuses sentes connectant "horizontalement" les cabanes, les cartographes ne les ont pas retenues.

Les itinéraires les plus faciles connectaient les pâturages de Chamrousse au débonnaire versant Ouest, aux villages et hameaux des collines bordières entre Belledonne et le Grésivaudan. Mais quelques passages permettaient aussi l'accès depuis les vertigineux flancs Est, vers la vallée de la Romanche.


On retrouvera une synthèse de ces itinéraires historiques vers Chamrousse sur cette carte en PDF.




Métissages

Le recul significatif et durable des grands glaciers du Würm (1000m de glace au dessus de Grenoble il y a 25000 ans) à donné le top départ à des vagues successives de colonisation. Les plaines issues de l'atterrissement des grands lacs alpins préhistoriques, comme le Grésivaudan sont les premières conquises puis ce sont les piémonts et enfin les alpages qui sont peu à peu fréquentés.


L'étude des toponymes anciens permet d'entre-apercevoir différentes couches linguistiques qui se sont empilées au fur et à mesure que de nouveaux arrivants s'appropriaient l'espace en le nommant pour eux-mêmes. Les plus vieilles civilisations ne laissant des indices que dans de vagues préfixes communs aux sommets ou aux cours d'eau.


Les points caractéristiques des montagnes sont les mêmes partout : sommets, rochers, ravins, espaces ouverts, prés, pentes, couloirs d'avalanches, cours d'eau ou lacs, ... Cette ressemblance accentue les redoublements mais aussi des noms très différents pour des origines communes.


Pour Chamrousse et ses alentours on distingue grâce à notre loupe à remonter le temps le passage :

  • avant -500, des Pré-indo-européens (langue qui subsiste chez les Basques ou les Sames en Laponie)

  • à partir de -500 environ, des Indo-européens : les Celtes (les tribus Gauloises)

  • autour de l'an 0, de la colonisation Romaine avec la progression du Latin

  • aux alentours du IXème siècle, de l'isolement linguistique d'une partie du Dauphiné par rapport au Sud (Occitan) et au Nord (langue d'Oï) de la France en développant le Francoprovençal qui deviendra les différents patois

  • de l'unification progressive du territoire français (la Savoie voisine ne rejoint la France qu'en 1860 !) avec des noms redondants portés sur les cartes

  • de la globalisation récente du langage véhiculés par les nouveaux toponymes commerciaux : Chamrousse Mountain Park, Alpes Ishere, ...


    Carte ancienne Chamrousse 1905
    Carte ancienne de Chamrousse datant de 1905 à destination des "touristes". On notera les itinéraires venant depuis la Romanche.

Explication des noms de lieux aux alentours de Chamrousse

Pour cet essai de toponymie, j'ai retenu la région couverte par la carte IGN affichée plus haut, le Sud du massif : du Luitel au Grand Pic de Belledonne.


Ne soyez pas surpris par des noms qui se doublent ou triplent, chaque population ayant ajouté sa dénomination devant celle de leurs prédécesseurs.

Un exemple classique : le lac Lauvitel. Les premiers arrivant disent dans leur langage le "Vitel" pour désigner le lac qui était à proximité de chez eux, sans lui donner de nom particulier. Une seconde vague de population l'appelle le "laux" (lac) Vitel. Puis les cartographes notent en se référant aux indications des habitants : le lac "Lau(-)vitel".


Je ne détaille pas dans cet article le détail de chaque interprétation, ceux qui veulent aller plus loin pourront feuilleter la bibliographie citée plus haut.


Aiguille : plusieurs lieux portant ce nom. Il vient de l'eau, la source, souvent "aigues" ou "aygue", du latin.


Arselle : cabane servant à faire le fromage (avec un C, on y aurait pu y voir un pâturage ensoleillé, ça colle aussi). Les cartes anciennes montrent au moins 3 cabanes aujourd'hui disparues sur le site. Dont une à la fontaine Badet.


Bachat Bouloud : le "bachat" est un abreuvoir, "Bouloud" le nom d'une personne (probablement provenant d'un endroit avec des bouleaux). la "Vieille Arselle" sur les anciennes cartes.


Balme (grotte de la ...) : baume, porche ou caverne dans la paroi de cargneule. Il y avait une cabane à proximité et l'un des itinéraires pour le Recoin passait par là.


Belledonne : Beaucoup de suppositions de la part des spécialistes. La plante "belladone", "le Belle Donne" (les belles dames en italien, pluriel de bella donna, sachant que j'entends régulièrement des Savoyards appeler le massifs "les" Belledonnes) ou encore une origine ancienne, "la montagne de la vallée cachée/secrète/sacrée" (et effectivement le sud du massif se caractérise par de grands replats intérieurs protégés de la vue depuis les grandes vallées extérieures par des sommets élevés).


Casserousse : la "Casse" est un pierrier, le nom se dédouble avec le "rousse" pour roche.


Chalanches : rappelle l'avalanche, lieu surmonté de couloirs d'avalanches.


Chamrousse : Les interprétations sont multiples. Pour "Cham", on donne haut-plateau dénudé, sommet ou pâturage. Pour "rousse" on donne roches, rocheux, éventuellement rouge. Le "haut plateau pierreux" semble le plus probable, il colle bien au relief de la Croix de Chamrousse.


Clôt des Vernes : Pour les vernes, pas de souci, ce sont les aulnes verts de cette combe froide. Pour le clôt, le T indique un replat, à moins que le cette lettre finale soit arrivée ici par erreur. Un "clos", renverrai à un endroit fermé.


Dent d'Alexandre : pour la dent c'est facile, pour Alexandre, aucune idée !


Descendus (cabane des ...) : serait-ce là qu'attendaient à l'automne une partie de ceux qui étaient montés à l'alpage ?


Echaillon : probablement un passage raide, en échelle. Un itinéraire arrive depuis la petite Vaudaine et emprunte l'étroiture aujourd'hui plus utilisée par ceux qui randonnent en direction de la Pra par le lac David. Une cabane est indiqué près de ce carrefour sur les anciennes cartes.


Echarina : lieu raviné


Escombailles : "Esc" indique le passage raide, une "échelle". C'est assez probable avec l'ancien sentier arrivant depuis Livet, dans la Romanche.


Fare (pic de la ...) : ce pic qui se détache du reste du massif est-il "en-dehors", "fora" de Belledonne ?


Fontaine de l'Ours : replat humide du côté de Fontfroide, assez explicite.


Fontfroide : La source (fontaine) froide.


Frâches (cîme des ...) : pour ravins, éboulements visibles depuis la Romanche.


Freydane : les eaux froides, descendant du glacier.


Gaboureaux : "gab/gav" pour ravins, aujourd'hui plus ou moins disparus avec l'aménagement des pistes.


Habert : cabane pastorale, chalet-fruitier. La chabotte (Il y a le habert des sabottes plus au Nord) n'était qu'un abri sommaire pour le berger.


l'Homme (rochers, trou, brêche de ...) : Rocher se détachant du reste de la falaise comme une "silhouette". On fera le lien ou non avec les Belles Dames.


Infernet (col de l'...) : lieu qui est "à l'envers", qui ne prend pas le soleil. Le nom est probablement monté du petit lac en contrebas à côté duquel on trouve des ruines d'une cabane indiquée sur les cartes anciennes.


Jasse Bralard : les "jasses" sont des bergeries. Le nom est probablement monté vers le sommet. "Bralard" pourrait rappeler un milieu humide, mais c'est douteux.


Lauze : habituellement "pierres plates" mais ici, pas de pierres plates et le toponyme désigne une forêt et récemment le lac de retenue collinaire. Sur les vieilles cartes une rivière est dessinée, alimentant les tourbières des clairières. C'est ce que pourrait désigner ce terme : un ou plusieurs cours d'eau.


Lauzière (la grande ...) : Cette fois ce sont bien des pierres plates. Le sommet est composé de schistes du carbonifère.


Léama (lac ...) : Lé pour lac.


Lessines : anciennement lessive. Pourrait venir de la laîche, une plante des milieux humides. Mais dans ce cas le toponyme serait monté depuis la zone du lac des Escombailles.


Levetel (lac ...) : deux puis trois fois "lac" ou "eau".


Mirebel : la belle vue, le belvédère.


Pourettes : rappelle la "porte" ou le "port" des toponymes méridionaux pour un col ou un passage étroit. Il y a un col de la Portette près de la grande Lance d'Allemond.


Pra : le pré, assez évident avec cette magnifique plaine devant le refuge.


Prémol : un pré "mou", humide.


Robert (lacs ...) : pourrait rappeler les "moutons", comme le Géranium à robert des pâturages.


Ramettes : (et Ramées) lieu ouvert, sans arbres. Mais aussi l'endroit où les moutons étaient parqués sur l'Alpage (ce qui convient bien puisque le habert de la Balme était tout à côté).


Roche Béranger : le pâturage est marqué par de gros affleurements rocheux, et le Père Tasse raconte y avoir croisé des ours. C'est la fréquentation de l'endroit par cet animal que pourrait désigner "Béranger".


Seiglières : lieu où l'on faisait pousser du seigle.


Sorbier (grand ...) : le nom désignait probablement un lieu plus bas, il est ensuite "monté" sur le sommet à proximité.


Vans : nom d'un sommet désignant probablement son aspect rocheux.


Vaudaine : "Vau" signifiant val, vallée.


A compléter et à corriger

Ce petit dictionnaire des noms de lieux du massif de Chamrousse n'a pas la prétention d'être exhaustif ni exempt d'erreurs.


N'étant pas spécialiste, j'ai essayé de synthétiser les différentes informations recueillies et des les interpréter dans le cadre du Sud de Belledonne.


Si vous avez des suggestions de modifications ou des toponymes à éclaircir, n'hésitez pas à laisser un commentaire.





 
 
 
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