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Différencier en randonnée Myrtilles, Airelles des marais, Airelles rouges et Raisins d'ours
Myrtilles, Airelles et raisins d'ours

Lors des randonnées autour de Chamrousse ou en cherchant les champignons vous aurez l'occasion de trouver de nombreuses baies. Et d'une manière générale vous trouverez de nombreux spots où ramasser des myrtilles en Isère. Mais certaines baies sauvages sont difficiles à différencier, une fois que vous saurez les reconnaître vous pourrez les incorporer dans vos recettes de bivouac ou cuisiner sur votre réchaud une petite confiture minute !


Comme les fameuses Myrtilles, les Airelles des marais, et la Canneberge, les Airelles rouges et les Raisins d'ours appartiennent à la famille des éricacées.

Alors que certaines sont délicieuses, d'autres sont beaucoup plus fades ...


D'autres éricacées comme le Rhododendron sont quant à elles toxiques ! Même si les abeilles montées en alpage en raffolent au début de l'été.


Identifier Myrtilles et Airelles des marais :

Myrtilles et Airelles des marais malgré leur peau bleutée se différencient facilement : les Myrtilles ont des rameaux qui restent vert toute l'année et une chaire rouge sombre, alors que les Airelles des marais ont une chaire transparente et des rameaux "ligneux", c'est à dire qu'ils font du bois.


Les Myrtilles sont goûtues et sucrées, les Airelles des marais très fades mais sont supposées être aussi riches en vitamines C.


Les Myrtilles ont aussi un autre nom : dans certaines régions on les appelles Brimbelles.



Identifier Airelles rouges et raisins d'ours :

Airelles rouges et Raisins d'ours ont des baies à la peau rouge et demandent à être regardées d'un peu plus près si l'on veut être sûr de ne pas les confondre.


Zoom sur les différences qui permettent de reconnaître facilement les deux espèces, en rentrant de plus en plus dans les détails :


Le type d'habitat :

Ce n'est pas systématique mais les Raisins d'ours préfèrent les endroits bien exposés au soleil, plus chauds, plus lumineux. Les Airelles rouges peuvent pousser sur les même zones mais également dans les sous-bois forestiers plus frais et humides.



La forme des feuilles :

Celles de l'Airelle rouge est plus arrondie, avec une forme légèrement comme le sommet d'un coeur. Le Raisin d'ours a une feuille plus pointue au bout.



L'aspect du dessous des feuilles :

L'Airelle rouge présente des petits points sombres sur la face inférieure. Le Raisin d'ours à des nervures sombres qui ressortent sur le fond clair.



La chair des baies :

En écrasant une Airelle rouge vous trouverez une chaire juteuse. L'intérieur de la baie de Raisin d'ours et farineux. Mais bien-sûr pour le voir il faut déjà être à la fin de l'été pour que les baies soient formées.



Les éricacées comme plantes comestibles et médicinales :

Alors que les Myrtilles sont fréquemment utilisées en confitures ou pour garnir des tartes, les Airelles rouges sont plutôt utilisées en sauce pour accompagner le gibier.


Les Myrtilles sont réputées avoir d'autres bienfaits, comme celui d'améliorer la vision dans l'obscurité.


Pour le Raisin d'ours on utilise plutôt ses feuilles en tisanes contre les infections urinaires ou les inflammations de la vessie.


Ramasser les Myrtilles au peigne :

Utiliser des outils pour ramasser des baies est généralement interdit.


En plus de permettre des récoltes excessives qui mettent en péril le renouvellement de l'espèce, les outils comme le peigne abîment les plants. En cassant ou grattant les rameaux on empêche le plein développement des buissons et on favorise les possibilités d'entrée pour des parasites.


Quand vous ramasser des plantes sauvages ne ramasser qu'un cinquième de la population et si possible les moins beaux spécimens. En sélectionnant de cette manière vous ferez de la "proto-agriculture" et obtiendrez des récoltes plus belles chaque année.


Autres éricacées :

Pour info on trouve encore d'autres éricacées autour de Chamrousse comme la Callune fausse bruyère, ou beaucoup plus rarement la Camarine.

Dernière mise à jour : 14 oct. 2022


Depuis longtemps l'idée d'un voyage aux Canaries me trottait dans la tête. Travailler une saison sur l'une des îles, en profiter pour visiter les autres, et faire du bateau-stop quand les alizées se mettraient à souffler en début d'hiver.


Finalement ce long voyage n'a jamais pu avoir lieu et en fin d'hiver 2022 nous décidons d'organiser un séjour plus court. De fin-avril à fin-mai nous sommes parti dans l'idée d'un voyage ornitho, à la découverte des oiseaux endémique de l'archipel.


Nous avions l'intention de voyager à vélo, de traverser les sept îles pour chercher les meilleurs endroits où observer les espèces rares. Pour des raisons personnelles nous avons du laisser les vélos en France, et nous nous sommes orienté vers un voyage de randonnée itinérante. Il faut s'avoir s'adapter ! Le GR 131 traverse toutes les îles, de Lanzarote, la plus à l'Est à El Hierro, la plus à l'Ouest.


Randos ornitho aux Canaries
Fauvette mélanocéphale dans la végétation

Camping au Canaries

Une fois de plus nous avons remis en cause cette option. L'itinéraire paraît assez attirant mais il nous a paru difficile à réaliser en camping sauvage, comme nous en avons l'habitude. D'une part parce que les zones où l'on peut bivouaquer ne sont pas légion, beaucoup de pente, beaucoup de végétation exubérante et/ou piquante. D'autre part parce que les occasions de faire le plein d'eau sont rares également. Les campings sont presque inexistants : 1 seul sur La Gomera et 3 ou 4 sur La Palma.


Le camping sauvage est théoriquement interdit et il n'y a quasiment pas de campings classiques. Au dire des locaux, le lobby des chambres d'hôtes poussent les municipalités à refuser la créations d'espaces qui pourraient leur faire concurrence.


Sur Tenerife il y a de nombreuses "zonas de acampada" où il est possible de planter la tente gratuitement sur réservation. Mais elles ne sont pas toujours bien accueillantes ou bien placées. L'eau est souvent "non potable", les toilettes sont en général fermés entre 17h et 9h, et il y a rarement des douches. L'option de dormir dans les nombreuses "Casa rurales" assez bon-marché serait à envisager.


Séjour ornitho aux îles Canaries
Serin des Canaries, l'ancètre du fameux Canari

Voyager à vélo aux Canaries

Nous sommes finalement assez contents de ne pas avoir pris les vélos. Les îles de l'Ouest (El Hierro, La Palma, La Gomera, Tenerife, Gran Canarias) sont très raides. Les routes, surtout celles qui remontent de la mer sont extrêmement raides. J'avais parfois peur de caler, en 1ère, avec la voiture de location que nous avons louer sur la deuxième partie du voyage. A vélo je pense que nous aurions un peu transpiré !


Pour finir nous avons découpé le voyage en 3 :


- Randonnée itinérante et ornitho sur La Gomera (environ 1 semaine)

- Randos journées autour des volcans de La Palma (environ 1 semaine)

- Randos journées et ornitho sur Tenerife (environ 10 jours)


Pour trouver les meilleures endroits où voir des oiseaux nous avons suivi les conseils de l'excellent guide naturaliste Crossbill - Canary Islands. Par contre, nous avions aussi acheté le guide de randonnée Cicerone - Trekking Canary Islands qui s'est révélé assez inutile. Les chemins de rando sont très bien balisés sur le terrain et avec une application GPS qui donne les fonds de carte OSM on s'en sort très facilement.


Itinéraires ornitho aux Canaries
Pie-grièche grise sur une euphorbe des Canaries

Etages de végétation aux Canaries, et leurs flore et faune associés


L'altitude et l'exposition aux Alizées découpe les îles en micro-climats particulièrement marqués. Dans l'ordre, on trouve (espèces typiques mais beaucoup peuvent être trouvées à d'autres étages) :


- la frange littorale : Ficoïde glaciale, palmeraies sous serres, Pipits de Berthelots, Faucons crécerelles, Martinets unicolores, ...


- l'étage des plantes succulentes : Euphorbe des Canaries, Euphorbes balsamiques, Pie-grièches grises, Fauvettes à lunettes, ...


- l'étage des plantes thermophiles : cultures potagères, palmiers, avocatiers, papayers, ricin, Figues de Barbaries, Pouillots des Canaries, Serins des Canaries, Mésanges Nord-Africaine, Fauvettes mélanocéphales, Tourterelles des bois ...


- la Laurisylva : Lauriers, nombreuses fleurs sur les talus ensoleillés, végétation de sous-bois, Merles noirs, Pinsons des Canaries, Pigeons des lauriers et de Bolle,


- l'étage de la bruyère arborescente : bruyère, graminées, Digitale des Canaries, Roitelets de Tenerife, Rougegorge familier, ...


- les champs de céréales : Perdrix gambra, Bruant proyer


- la pinède : pins des Canaries, Cistes, Pinsons bleus (seulement Tenerife), Pics épeiches, grands Corbeaux, ...


- les hautes-terres : Violette des Canaries, Vipérine de Tenerife, Craves à bec rouge (seulement La Palma)


Où observer les oiseaux aux Canaries
Pipit de Berthelot en train de chasser

Trekking et rando itinérante sur La Gomera, Canaries


Étape à El Cedro : 5km et 600m D+

Après avoir rapidement fui Tenerife et ses resorts all-inclusive nous avons pris le ferry pour San Sebastian de la Gomera. Les ferry sont de bons moyens d'observer les oiseaux marins. Beaucoup de Puffins cendrés et des cétacés, probablement des globicéphales, sont au rendez-vous.


Astuce : Les bateaux de la compagnie Fred Olsen sont plus bas que ceux de Armas. L'angle de vue et la plus faible hauteur permet de meilleures photos !


Nous prenons le bus pour rejoindre le seul camping de l'île situé dans la forêt de Laurier, la route tortueuse donne de magnifiques points de vue sur les vallées veinées de Dykes. La laurisylva est un éco-système particulier des archipel de l'atlantique et particulièrement bien préservé sur La Gomera. El Cedro est le cœur accessible du massif forestier. Pas de transport en commun pour la dernière partie, nous rejoignons le hameau par une route aux talus couverts de fleurs puis un sentier de randonnée.


Astuce : Il existe une coupante pour éviter le dernier petit col en passant par un tunnel qui conduisait l'eau d'une vallée à l'autre. Lors de notre visite une éboulement du plafond avait retenu l'eau sur une bonne partie du parcours. Méfiance. D'autre-part le stop n'est pas très efficace ...


Aux alentours du villages, dans les jardins et aux lisières, de nombreux Pouillots des Canaries, Pinsons des Canaries et des Merles noirs.


Dans la forêt, il règne une humidité constante due aux Alizées qui amoncellent les nuages contre les versants Nord. La forêt capte l'humidité et la restitue en partie, donnant naissance au petit ruisseau d'El Cedro, plus grand court d'eau de l'île, voir de l'archipel. La terre est rouge, on peut voir dans certaines falaises l'amoncellement de bombes volcaniques anciennes. La végétation est exubérante : joubarbes géantes, fougères, mousses couvrant les arbres tordus, ... Il fait frais, nous sortons la doudoune la 1ère matinée.


Dans le village, nous apercevons nos 1ers serins des Canaries (canaris) qui mangent des graines sur les fleurs des jardins.


Randonnée à El Cedro, La Gomera, Canaries
Laurisilva à El Cedro, La Gomera

Rando vers l'Alto de Garajonay : 15km et 750m D+/-

Depuis El Cedro nous empruntons en sens inverse par rapport aux indications, le chemin 18, qui balise l'itinéraire jusqu'à l'Alto de Garajonay, le point culminant de l'île. En sortant de la Laurisylva on arrive dans la Bruyère arborescente. Nous croisons et surtout entendons le chant des Roitelets de Tenerife et des Rougegorges.

En sortant des derniers arbres, il n'y a plus que des fleurs et des graminées. Le vent est assez fort mais a dégagé la vue. Elle porte jusqu'à Gran Canarias, le Teide voisin est omniprésent.


Nous continuons la route 18 pour redescendre, par moment le long d'une crête d'où un magnifique Sylke se détache, le Roque de Agando. La boucle est à faire sur la journée pour avoir le temps de faire quelques observations en chemin.


Randonnée à Alto de Garajonay, La Gomera
Roitelet de Madère dans les bruyères arborescentes

Descente par les sentiers sur Hermigua : 10km et 1000m D-

Nous empruntons le sentier escarpé mais sans difficulté qui longe le cours d'eau du Cedro et la cascade du Chorro de Agua. Le climat se réchauffe à mesure que nous rentrons dans l'étage des plantes thermophiles.


Astuce : On l'oublie un peu au vu des dimensions de l'île mais les dénivelés sont vite importants. Pensez à regarder les altitudes en lisant la carte. Ça chauffe les cuisses !


Le chemin longe les terrasses cultivées et rejoins les premières maisonettes colorées : Palmiers de la Gomera, vignes et Ricins sauvages ont supplantés les lauriers. On croise des Fauvettes à tête noire, des Chardonnerets élégants et des Serins.


Dans le parc d'Hermigua, sous la route principale, on observe des libellules, des Foulques, des Gallinules et de nouveau pas mal de Fauvettes à tête noire plutôt confiantes, puis des pipits de Berthelot en arrivant à la côte.


En rejoignant la côte nous trouvons une "plage" de gros blocs de basalte noirs. Sur les côteaux de nombreuses terrasses ont été construites, beaucoup sont abandonnées et envahies par les euphorbes. Ce qui les rend difficilement accessible pour du camping sauvage.


La nuit tombée, les Puffins se lancent dans un grand concert. Le premier pour nous, c'est assez spectaculaire. Au crépuscule on aperçoit aussi notre première Perdrix gambra.


Randonnées près d'Hermigua, La Gomera
Sylkes, anciennes cheminées volcaniques dégagées par l'érosion

Randonnée par Lepe, Agulo, le Camino Réal, le mirador de Abrante et Juego de Bolas : 12km et 1100m D+

Nous suivons le sentier côtier et les petites routes. Le hameau de Lepe est très mignon, Agulo se donne des airs de village colonial, mais tout est fermé, c'est dimanche. On ne trouve de l'eau qu'au cimetière municipal. C'est d'ailleurs, l'heure de pointe, il y a du monde pour fleurir les tombes.


Nous montons sur le plateau du mirador de Abrante par le Camino Real. Sentier empierré magnifique et bien raide sous le soleil ! De nombreuses fleurs colorées poussent dans les interstices, sur le haut nous croisons quelques rares pins des Canaries qui poussent à travers la terre rouge bordeaux.


Le mirador est fermé, ce qui cause la déception des nombreux visiteurs arrivés en voiture. Ils en oublient de profiter de la vue exceptionnelle sur la mer et d'emprunter les sentiers de terre qui ondulent sur les vagues minérales de ce paysage sédimentaire rare dans l'archipel.


Astuce : Le dimanche tout est fermé. C'est à dire qu'il n'y a pas possibilité d'acheter à manger, voire de trouver à boire ou de visiter (sauf l'éco-musée de Juego de Bolas).


Nous continuons en suivant la route qui traverse une pinède, un peu écrasés par le soleil. Nous serons surpris tout le long du voyage par le manque d'espaces ombragés pour se reposer ou pique-niquer ...


La visite de l'éco-musée de Juego de Bolas est intéressante. On peut goûter aux galettes de Gofio servies dans le petit café. Il y a des expos et des vidéos intéressantes sur la vie rurale d'avant : utilisation d'un grand baton, l'Astia, pour passer sur les reliefs escarpés, langage sifflé, plantes sauvages comestibles, poterie, ...


Nous campons au bord d'un barrage, à mi-chemin de Vallehermoso. Il y a un petit troupeau de chèvres qui occupe la friche.


Rando au mirador de Abrante, La Gomera, Canaries
Vue sur le Teide depuis le mirador de Abrante

En chemin vers Vallehermoso : 7km et 700m D-

Nous passons le col pour redescendre sur la vallée de Vallehermoso. Nous dérangeons au passage un Pigeon de Bolle, bonne coche ! Surtout qu'ils ne seront pas faciles à voir sur le reste du voyage.


Le Roque Cano, impressionnant Sylke sert d'amer au village et le sentier passe au pied.


Sur les conseils du propriétaire de BnB nous visitons le jardin botanique abandonné. De nombreux palmiers du monde entier entourent un bâtiment d'architecte. Pas d'intérêt majeur si ce n'est deux Perdrix gambra.


La petite ville est agréable, les cafés et les restaurants bons-marchés, comme un peu partout sur l'archipel.


Camino real, Agulo, La Gomera
Chemins de randonnée escarpés des Canaries

Randonnée en boucle par Chijere : 12km et 800m D+/-

Très belle rando en boucle vers le Nord-Ouest depuis le centre de Vallehermoso. Avec des paysages variés : Cèdres-genévriers des Canaries, prairies, cultures de palmiers, avocatiers, manguiers, papayers, ...


Les chemins de montée et de descente sont parsemés de cristaux de quartz et de pyroxène. La crête offre une magnifique vue sur les eaux turquoises en contrebas. Le chemin passe par une petite chapelle qui doit abriter des pèlerinages vu l'aire de pique-nique qui y est adossée.


Pour remonter sur Vallehermoso nous suivons la route de terre qui passe entre les jardins et les plantations. Les palmiers sont exploités pour leur sève qui est cuite à la manière du sirop d'érable, on peut observer la méthode de récolte tout au long du chemin.


Fauvettes et libellules rouges (Crocothemis erythraea).


Nous enchaînons en prenant un bus qui nous emmène à Arure. Le lieux à l'air sympa, très différent des paysages que nous avons vu jusqu'à maintenant. Beaucoup de prairies de graminées avec des apiacées et des Mauves, survolées par des Faucons crécerelle et des Buses variables.


Les lieux nous paraissent beaucoup plus "campables" que d'habitude mais nous changeons de bus pour aller en direction de l'Alto de Garajonay. Passage à travers les petits villages de montagne de El Cercado et Chipude.


Le brouillard est bien installé sur les hauteurs. Quand le bus nous débarque à Pajarito le vent souffle et l'humidité nous surprend. Nous installons le campement au bord du chemin de crête balayé par les alizés qui descend sur Imada.


Randonnées aux Canaries, sentiers de La Gomera
Cultures tropicales en terrasses, avocatier

Découverte du Barranco de Guarimiar : 9km et 1200m de D-

Nous rejoignons d'abord des terrasses enherbées par des chemins bordés de murets avant d'arriver au village d'Imada. Le sentier continue entre les buissons de Romarin et de Poleo, d'abord dans le fond du barranco puis à flanc de grandes falaises. Très belle ambiance, des sentiers de bergers reliés par des escaliers de pierre assez vertigineux semblent avoir été tracés de l'autre côté.


Une perdrix surprise joue son numéro de l'aile cassée pour nous distraire de ses petits cachés dans un agave en bord de chemin.


Au niveau du hameau de Guarimiar un ruisseau passe entre des vasques peu profondes. Pas mal de libellules (Thritemis arteriosa et Orthetrum chrysostigma). On entend (probablement) des moineaux Soulcie mais sans les voir.


En explorant les terrasses abandonnées nous pouvons faire une belle observation de Fauvette mélanocéphale dans les figuiers de Barbarie.


Séjour randonnée aux îles Canaries
Randonnée dans le barranco de Guarimiar

Descente vers Playa de Santiago : 7km et 400m D-

Nous empruntons la route qui descend vers la côte. La ville balnéaire de Playa de Santiago ne présente pas vraiment d'intérêt. J'ai cherché sans les trouver les Roselins githagine sensés être du côté des lotissements abandonnés à l'Ouest vers l'aéroport.


Un bus nous ramène à San Sebastian pour prendre le ferry du soir qui va à La Palma. De nouveau les Puffins sont bien visibles en mer.


Sentiers de randonnée sur La Gomera, Canaries
Panneaux indiquant les sentiers de randonnée à La Gomera

Tourisme volcanique et randos naturalistes à la journée sur l'île de La Palma, Canaries


Randonnée sur la Cumbre Vieja par le Refugio El Pilar : 6km et 350m D+

A La Palma nous récupérons une voiture de location pour nous faciliter l'accès aux randos et ne plus avoir à transporter des litres d'eau pour le bivouac.


Astuce : les voitures de locations sont à tarifs très accessibles, environ 20€ par jour.


Depuis la route qui rejoint l'aire de camping Refugio El Pilar nous randonnons vers les crêtes de la Cumbre Vieja. Les sentiers sont recouverts des cendres volcaniques de l'éruption de l'automne 2021. Les toits des bâtiments sont parfois recouverts d'une couche de plusieurs centimètres. Plus tard nous trouverons des traces révélant une épaisseur de 25cm.


Les arbres ne donnent pas l'impression d'avoir trop soufferts et quelques plantes, surtout des fougères commencent à ressortir de ce que nous avons d'abord pris pour du sable ancien.


Les sentiers de randonnée vers le Pico Birigoyo et la Barquita, cônes de cendres situés sur la fissure éruptive, sont plus ou moins fermés, et n'ont pas encore été retracés. Il faut louvoyer entre les Cistes pour rester sur l'itinéraire. Nous redescendons par un vallon qui contourne le Monte Pelado.


Dans la Pinède d'El Pilar nous faisons une belle observation d'un Grand corbeau. L'oiseau vient réclamer à manger. Il stocke dans sa gorge quelques morceaux qu'il arrive à chiper puis part les cacher à quelques mètres ou les emmène un peu plus loin dans les pins puis revient. Avant de nous quitter définitivement il vide minutieusement sa cachette.


Nous dormons à côté du camping de Laguna de Barlovento que nous n'avions pas réservé. Un Verdier chante le matin.


Eruption automne 2021, La Palma, Canaries
Randonnée sur les cendres de la Cumbre Vieja

Roque de los Muchachos et refuge de Punta de los Roques : 7km et 500m D+/-

Nous nous arrêtons aux piscinas naturales de Fajana puis nous rejoignons le point culminant de l'île en voiture : Roque de los Muchachos. Nous découvrons l'étage de la haute montagne qui était absent de l'île de la Gomera, trop peu élevée. C'est l'occasion de voire nos premières Vipérines du Teide, variante de La Palma. Les inflorescences roses font plusieurs mètres de haut. On croise aussi les petites Viola du teide, fleurs les plus adaptées à l'altitude de l'archipel.


La vue depuis le sommet sur la caldera de Taburiente est impressionante. Les pentes sont très raides et hautes de 1500 mètres. On peut apercevoir les entrailles du stratovolcan principal de l'île. Les couches colorées de pyroclastes et celles noires de lave aa sont marbrées de Dykes gigantesques, témoins des fissures qui parcouraient l'édifice avant qu'ils ne s'effondre sur son flanc Sud-Ouest.


Nous terminons la journée en allant dormir au refuge non-gardé de Punta de los Roques. Magnifique petite bâtisse en pierres sur la crête de la Cadera. Il y a un réservoir d'eau de pluie sur le côté du refuge, l'électricité pour la lumière, des baflancs dans le dortoir et du parquet ciré dans les deux pièces !


Le chemin monte d'abord en balcon Est suit ensuite l'arête en descente et passe par un site de gravures rupestres datant d'avant la colonisation. Des martinets unicolores et des Craves à bec rouge nous escortent tout du long.


J'espérais faire des photos de la voie lactée mais la lune bien qu'encore loin d'être pleine éclaire tellement le ciel qu'on ne voit pas grand chose ...


Astuce : Les piscinas naturales sont le "bon plan" de La Palma. Les coulées de lave basaltique ont créé des digues naturelles sur la mer enfermant des bassins plus ou moins grands reliés sous la surface à l'océan. Quand il y avait besoin, les locaux ont amélioré les spots avec du béton. L'aspect général est du coup parfois assez brut mais l'ambiance y est très bon enfant et ce sont de très bons spots de détente, et de douche gratuites !


Randonnée sur l'île de La Palma
Nuit au refuge de Punta de los Roques

Coulées de lave récentes de Tazacorte

Après avoir visité le port balnéaire et le joli centre ville de Tazacorte nous passons par les rues détruites par l'éruption de l'automne 2021.


La coulée de lave aa solidifiée mesure plusieurs mètres de haut. Elle a fait disparaître des quartiers entiers. On la voit ressortir par la vitrine d'une banque, boucher une rue ou couper une palmeraie en deux. Depuis les hauteurs d'un petit cône volcanique ancien recolonisé par la végétation on comprend l'ampleur du désastre.


A côté de la coulée : la vie comme si de rien n'était, sous la coulée : le néant. Tout à été remis à zéro pour plusieurs centaines d'années.


Nous étions très curieux et impatients de voir ça, nous en repartons un peu écoeurés. est-ce que nous irions faire du tourisme sur le site d'une coulée de boue ou d'un tremblement de terre ? Non, probablement pas, et pourtant lors d'une éruption volcanique ce sont les mêmes conséquences, les habitants perdent leur maison, leur travail, leur patrimoine, ...


Au loin, la bouche éruptive ourlée de souffre continue de cracher quelques vapeurs toxiques.


Eruption de La Palma, îles Canaries en 2021
Habitations et palmeraies détruites par l'éruption de l'automne 2021

Randonnée dans la caldera et nuit en camping à Playa de Taburiente : 8km et 850m D+

Au coeur de la caldera une zona de acampada permet de passer la nuit à côté du petit musée. Attention, il n'est pas sensé être possible d'utiliser de réchaud pour éviter les incendies.


Nous partons donc pour cette rando qui commence en remontant les gorges creusées par le ruisseau qui collecte les eaux de ce gigantesque réservoir privé. En effet, les propriétaires des terrains escarpés sont montés en collectifs, captent l'eau et la revendent aux planteurs de bananes.


Quelques sources ferrugineuses colorent certains passages comme à la petite Cascada de los colores.


Les gorges permettent de passer dans le complexe basal du volcan. On marche à travers des murs de basalte en coussins vert clairs recoupés de filons plus sombres. Puis le sentier se raidit et monte à travers de vieux pins au tronc large. La zone de camping est calme et reposante. Il y a peu de possibilité de randos mais le site offre au moins la possibilité de se reposer dans une zone "autorisée" au camping et avec de l'eau à dispo.


Retour le lendemain par le même itinéraire.


Pillow lavas aux Canaries, Taburiente
Dans les gorges de la Caldera de Taburiente

Salinas de Fuencaliente

Les alentours des salins de Fuencaliente sont assez spectaculaires par leur austérité. Les coulées de lave (surtout aa, quelques pahoehoe localisés en faisant le tour des bassins) sont encore bien sombres et ne sont égayés que par quelques petites touffes de fleurs de trefle jaunes.


Sur les bassins, deux Tadornes casarca semblent avoir raté leur bus.


Le lendemain nous irons passer deux journées à Santa Cruz d'où nous prendront le ferry pour terminer notre voyage sur Tenerife.


Voyage ornitho aux Canaries
Tadorne casarca aux salins de Fuencaliente

Observations ornithologiques et séjour randonnée sur l'île de Tenerife, Canaries


Réserve naturelle de Montana Roja

La journée passée sur la réserve de Montana Roja est en fait la première du séjour, à notre arrivée de l'aéroport. Mais par souci d'organisation je la décris ici.


Cette portion de côte à la particularité de présenter un petit massif dunaire relique de paysages aujourd'hui disparus sur l'île. Le cône volcanique rouge sombre qui a donné son nom au site domine le réseau de sentiers qui zigue-zague entre les euphorbes balsamiques.


Il est facile de trouver au hasard des chemins la Pie-grièche grise des Canaries, les Pipits de Berthelot et les martinets unicolores. En arrivant au bord de l'eau un Courlis corlieu prospecte les vasques et en continuant vers l'Ouest nous trouvons un petit plan d'eau qui abrite un Grand gravelot, un Bécasseau sanderling et un Chevalier guignette. Tous à l'unité. Des moineaux espagnols surveillent les palmeraies. Nous n'avons pas vu les Gravelots à collier interrompu.


Séjour ornitho à Tenerife, îles Canaries
Courlis corlieu en bord de mer à Montana Roja

Visite de la Cueva del Viento et zona de acampada de los Pedregales

Par curiosité j'ai pris une visite guidée pour le tunnel de lave situé du côté d'Icod. L'endroit est impressionnant par ses dimensions et permet d'interpréter le fonctionnement de ce genre de formation mais ce n'est pas particulièrement beau, pas de spéléothèmes (type stalagtites).


Nous dormons sur une zona de acampada magnifique, la seule vraiment bien du voyage finalement ... Avec des toilettes qui restent ouvert la nuit ainsi qu'une douche à l'air libre.


Les terrasses d'une ancienne ferme ont été aménagées pour mettre quelques tentes et pique-niquer. Au milieu des palmiers et autres plantes thermophiles il y a quantité de Fauvettes mélanocéphales et à tête noire, Serins des canaries, Rougegorges des Canaries, Pouillots des Canaries, Mésanges Nord-africaines, des Perdrix gambra, une nichée de Faucons crécerelle dans une ancienne carrière en contrebas et de nombreux lézards.


Randonnées à Tenerife, Canaries
Paysages de la Punta Teno à l'Ouest de Tenerife

Randonnée en boucle sur la Punta Teno : 14km et 850m D+/-

Depuis le hameau de San Jeronimo, connu comme Teno Alto, nous descendons en direction de la mer par une succession de terrasses puis à travers les succulentes. Nous croisons quelques petites fermes avec des chèvres et des poules.


Dans les champs cultivés de céréales nous apercevons régulièrement des Bruants proyer. Sur la côte les vagues ont apporté du sel qui se dépose en couche épaisse dans les anfractuosités.


Nous remontons par une petite sente de berger qui par de la chapelle en ruine. L'itinéraire est magnifique et sauvage à travers un paysage aride.


Direction las Lajas, au pied du Teide. Mauvaise surprise après los Pedregales : la zone est dans une pinède clairsemée, battue par le vent. Le sol nu et l'absence d'ombre participent à une ambiance assez hostile.


Randos ornitho aux îles Canaries, Tenerife
Pouillot des Canaries se nourrissant de nectar

Zona de acampada de las Lajas et Paisaje Lunar

Ce site à quand même l'intérêt d'héberger de nombreux Pics épeiche des Canaries ainsi que des Pinsons bleus de Tenerife. Nous passons une partie de la matinée à les observer et à les photographier.


Nous continuons la journée en randonnant vers le site de Paisaje Lunar. Une zone de cendres compactées sculptées en cheminées de fées par l'érosion. Une piste en assez bon état permet de s'approcher du site et de bien raccourcir l'itinéraire sans intérêt à travers la pinède. Les chemins autours du site sont colorés par les Cistes de Montpellier.


Observer les oiseaux aux Canaries, Tenerife
Pinson bleu de Tenerife sur la zona de acampada de Las Lajas

Ascension du Teide par le pico Viejo, plus haut sommet d'Espagne : 12km et 1700m D+/-

Pour fêter mon anniversaire je pars à minuit de Boca Tauce dans la Caldera pour rejoindre le sommet du Teide à plus de 3700 mètres. Pour atteindre le sommet du volcan il faut demander un permis plusieurs mois à l'avance. Ne l'ayant pas fait et vu que la pleine lune brille c'est l'occasion parfaite pour une montée nocturne.


La première partie est un court chemin à travers une coulée de lave aa, c'est assez spectaculaire, les blocs de lave crissent sous les semelles. L'itinéraire rejoint ensuite une piste 4x4 sans dénivelée qu'il faut suivre sur plusieurs kilomètres, pendant environ une heure.


La piste s'arrête quand commence la montée. Le sentier chemine à travers des cendres volcaniques sans cohésion jusqu'aux Nariz del Teide, plutôt éprouvant, encore une autre heure.


La cendre laisse place aux pierriers et à de meilleurs sentiers jusqu'à l'énorme cratère du pico Viejo. Puis on rejoint le belvédère et son chemin empierré en balcon jusqu'à la gare de téléphérique.


Les derniers 200 mètres se font en partie sur des escaliers en pierre. Le cratère est jaune pâle, fume et dégage une odeur de souffre. On voit les lumières des villages côtiers au loin. La nuit est fraîche et bleue, il n'est que 4h du matin et je n'est pas vraiment prévu de couches chaudes. Je prends donc le chemin du retour par le même itinéraire.


J'arrive à las Lajas pour le petit déjeuner !


On visite le centre des visiteurs du Portillo, le jardin botanique à une petite source à laquelle nous observons un Pic épeiche boire.


Globalement les sites de la Caldera du Teide sont très beaux mais envahis de touristes nous n'avons du coup pas pris le temps de vraiment visiter.


Ascension du volcan Teide, plus haut sommet d'Espagne
La caldera du Teide au lever du soleil

Zona de acampada de Las Calderetas

Une zone plutôt accueillante située dans les lauriers. Beaucoup d'oiseaux qui viennent boire au robinet et sur les tables de pique-nique : Pics épeiche, Rougegorge, Mésanges Nord-africaine Pinsons des Canaries et des Bécasses qui croulent au dessus de la tente au crépuscule puis à l'aube. Probablement aussi des pigeons de Bolle ou des lauriers.


Observation ornithologiques aux îles Canaries
Pic épeiche buvant à une source à El Portillo

Randonnées dans le Parque Rural de Anaga

Nous passons deux journées à marcher dans le parc d'Anaga. Les reliefs sont faits de vallons profondément entaillés dans la côte, la végétation passe de la Laurisilva baignée de brouillard épais aux succulentes écrasées par le soleil avec des passages en Bruyères arborescentes secouées par les bourrasques. Les petits villages sont restés authentiques et il à l'air d'y faire bon vivre.


Pour la première boucle nous partons de Chamorga par le Barranco pour rejoindre le Faro de Anaga. Belles vues sur de petits ilôts. 7km et 600m D+/-.


La deuxième boucle part de Taborno et descend vers la côte d'abord vers l'Est puis vers le Nord dans le barranco de Afur à partir de Ermita de San Pedro. La remontées se fait par un sentier de berger difficile à trouver au départ puis très sauvage avec de vieilles marches taillées dans une roche rouge tendre. 9km et 800m D+/-.


Itinéraires de randonnée à Tenerife, ïles Canaries
Réserve naturelle du Malpais de la Rasca

Réserve naturelle du Malpais de la Rasca

Pour finir nous passons une dernière demi-journée dans cette réserve en bord de mer. Le paysage est particulièrement aride, seulement quelques Euphorbes des canaries parviennent à dominer le sable et les blocs de lave acérés.


Les abords sont assez troublants, un complexe balnéaire est venu s'implanter en limite et impose une urbanisation rectiligne au désert originel.


Sous le soleil brutal nous trouvons rapidement quelques Pie-grièches grises puis détectons enfin au chant des Fauvettes à lunettes. Dernière observation de ce voyage ornitho aux Canaries.


Randonnées à Anaga, Tenerife
Digitale des Canaries à Anaga

Les endroits de nature que j'ai préféré aux Canaries


Sur La Gomera :


- Les alentours d'El Cedro pour la forêt de Lauriers et l'ambiance tropicale du petit village

- Les maisons colorées du haut du village d'Hermigua

- Le camino real d'Agulo pour ses fleurs

- Les alentours de Vallehermoso pour les genévriers et la culture de la sève de palmier

- Le paysage autour d'Arure que j'aurais voulu mieux connaître

- Le sauvage barranco de Guarimiar

- Le ferry entre Tenerife et la Gomera


Sur La Palma :


- Les randos dans la cendre sur la Cumbre Vieja et le corbeau d'El Pilar

- La vue sur la caldera depuis Roque de los Muchachos

- L'accueillant refuge de Punta de los Roques

- Les pillow lavas des gorges de la Caldera de Taburiente

- Faire le tour de toutes les piscinas naturales


Sur Tenerife :


- La zona de acampada de los Pedregales pour son abondance d'oiseaux et sa douceur de vivre

- L'ascension nocturne du Teide

- Les petits sentiers de berger de Teno et d'Anaga

- Les oiseaux "apprivoisés" de la zona de acampada de las Calderetas

- L'ambiance brûlée du Malpais de la Rasca


Depuis quelques années le lac Achard souffre de la même surfréquentation que de nombreux autres sites de montagne. La municipalité n'a pas eu le choix que de légiférer pour protéger le lac, ses alentours et son bassin versant.


La baignade est-elle interdite au lac Achard ?


La réponse ne souffre pas d'ambiguïté : OUI, c'est interdit.


Qu'est-ce que je risque si je me baigne, fais du feu, bivouac dans un lieu interdit ou si j'abandonne mes déchets en pleine nature ?


En fonction de l'endroit où vous vous trouvez et les amendes maximum en cas d'infractions peuvent être différentes :


- violation d'un arrêté de police du maire : 38 ou 150€

- atteinte à la biodiversité constaté par un agent de l'OFB par exemple : 1 an d'emprisonnement et 15 000€

- abandon de déchets constaté par agent ONF : 1500€


Si vous voulez comprendre pourquoi la baignade n'est pas autorisée vous pouvez passer à la suite de l'article.


En tant que garde vert pour faire comprendre les interdictions au lac Achard
Interdictions au lac Achard

Les lacs de montagne


La question à se poser n'est pas : "Est-ce que la baignade est autorisée ?" mais plutôt : "Quel impact avons-nous sur les écosystèmes aquatiques d'altitude ?". En répondant à cette question vous pourrez juger par vous-même de la possibilité d'aller nager pour vous rafraîchir lors d'un trek ou vous laver en pleine nature.


Les lacs d'altitude sont des écosystèmes en équilibre précaire. En fonction du climat, du substrat et de la qualité de l'eau l'écologie du lac est différente. C'est pourquoi il y a des lacs de différentes couleurs : noirs, marrons, verts, bleu, blancs, ... Les variations de température, l'ensoleillement, la modification de la chimie de l'eau peuvent engendrer des réactions en chaîne qui vont perturber la vie aquatique et dérégler le système en favorisant telles espèces plutôt que d'autres.


Pour trouver des infos et comprendre comment fonctionnent les lacs d'altitude allez faire un tour sur le site du réseau Lacs Sentinelles.

Peut-on se baigner dans les lacs de montagne ?
Lac d'altitude en Belledonne

La pollution par la baignade


Les lacs de montagne reçoivent peu d'eau par rapport aux lacs de plaine et sont alimentés par les eaux de pluie ou de fonte pauvres en nutriments.


Le simple fait de rentrer un corps étranger dans cet environnement peut perturber la vie planctonique. Et oui, il y a du plancton dans les lacs !


L'effet est potentiellement encore plus néfaste quand on y ajoute crème solaire, protection anti-moustique, savons (biodégradables aussi).


Le zooplancton, les gastéropodes et crustacés aquatiques ne sont pas toujours capables de résister aux produits chimiques que l'on introduit. De plus, certains insectes comme les gerris, les "patineurs", tiennent sur la surface de l'eau grâce à la tension superficielle. En introduisant un tensio-actif comme du savon, la chimie de l'eau est modifiée et ils ne sont plus capable de rester en surface.


Se laver dans un lac ou dans une rivière pendant une rando ou un bivouac est donc plutôt une mauvaise idée. Mieux vaut récupérer de l'eau dans une popote ou une gourde et aller se laver loin du point d'eau.


Randonnée vers les lacs Robert à Chamrousse
Lac de montagne à Chamrousse

Le brassage de la stratification thermique


Au sein des lacs de montagne un brassage de l'eau se forme naturellement avec l'ensoleillement. Une stratification thermique, des couches de plus en plus froides ou chaudes en fonction de la profondeur se met en place.


Chaque étage à une teneur en oxygène ou en nutriments différente et héberge donc une vie animale ou végétale qui lui est propre.


En allant se baigner dans ce type de lac on perturbe l'organisation de la vie aquatique.


La pollution par la baignade dans les lacs de montagne
Lac tourbeux en Belledonne

La mise en suspension des sédiments lacustres


Le fond des lacs de montagne est souvent privé d'oxygène. La décomposition y est lente et les sédiments s'accumulent sous forme d'une vase. En allant piétiner le fond de l'eau on écrase ou soulève les animaux qui y trouvent refuge et nourriture comme les petits escargots d'eau, larves de libellules, têtards de grenouilles ou tritons.


Les sédiments sont également mis en suspension et rendent le lac trouble et sombre, le rendant invivable pour les organismes qui ont besoin d'une eau claire.


Le lac s'obscurcissant on peut aussi penser que l'eau réchauffe plus vite ce qui pénalise les espèces qui aiment l'eau froide et accélère l'eutrophisation (la transformation vers un marais) du plan d'eau.


A noter qu'il n'y a pas que les baigneurs qui mettent en danger les écosystèmes des lacs d'altitude. Les vairons, ces petits poissons introduits pour servir d'appâts vivants, sont également un problème majeur.


Se laver au savon dans les rivières
Se baigner dans les rivières, une mauvaise idée ?

La perturbation de la vie dans le lac


Comme pour le fond de l'eau les berges sont propices à une riche vie aquatique ou dépendante de la présence d'eau à proximité. De nombreuses espèces d'insectes et d'araignées utilisent les joncs, trèfles d'eau, potamots des rives pour chasser ou se reproduire.


L'exemple le plus marquant est celui des libellules. L'insecte ne pourra devenir adulte et se reproduire qu'une fois être passé par plusieurs stades larvaires aquatiques, puis avoir "émergé" accroché à une tige et pris son envol. L'émergence, la sortie de sa dernière mue peut prendre des dizaines de minutes pendant lesquelles il est particulièrement vulnérable. Si un chien ou un baigneur passe à ce moment là il tombe à l'eau ou se colle les ailes et meure sans avoir pu donner naissance à une nouvelle génération.


Camper et se baigner aux lacs Robert à Chamrousse
Les lacs Roberts, le Grand Sorbier et les Vans à Chamrousse

Où peut-on se baigner à Chamrousse et en montagne en général ?


Difficile de répondre à cette question. Evitez en premier lieu les lacs fragiles, dégradés et déjà sur-fréquentés et ensuite posez-vous la question de savoir si vous n'aller pas vous-même nuire à votre prochain lieu de baignade.

Peut-être qu'à terme les retenues collinaires construites pour alimenter les enneigeurs pourront être aménagées comme à Serfaus en Autriche.


Se baigner dans les lacs de montagne
Serfaus - lac baignable

Infos complémentaires sur les lacs de montagne


Pour les plus curieux, en allant visiter les pages du site du réseau Lacs Sentinelles vous pourrez trouver les réponses à des questions telles que :


- Qu'est-ce qu'un lac de montagne ?

- D'où vient l'eau des lacs de montagne ?

- A quelle température est l'eau des lacs de montagne ?

- Pourquoi existe-t-il des lacs de différentes couleurs ?

- Qui vit dans les lacs de montagne ?

- Y a t-il des poissons dans les lacs de montagne ?

- Les lacs de montagne se réchauffent-ils avec le réchauffement climatique ?

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